Par Pascaline Lamare
Crédit image : Accès transports viables

Les données des accidents compilées et cartographiées par Accès transports viables indiquent clairement que les quartiers centraux sont plus dangereux pour les cyclistes et les piétons, piétonnes que d’autres quartiers plus résidentiels, et que la campagne pour le 30 km/h lancée par le Comité populaire est plus pertinente que jamais.

La récente mise à jour de la carte des accidents routiers avec cyclistes, piétons et piétonnes sur le territoire des villes de Québec et Lévis, de 2005 à 2016*, permet de constater que bien peu sont les intersections du faubourg Saint-Jean qui peuvent prétendre n’avoir vu aucun accident depuis 2006, même celles qui se trouvent dans des secteurs a priori plus résidentiels. Faut-il encore démontrer que la configuration des rues du faubourg ne permet tout simplement pas de rouler sereinement à 50 km/h, et que le conducteur ou la conductrice espérant un gain de temps en accélérant à cette vitesse ne fait que mettre en danger les piétons, piétonnes et cyclistes qui circulent dans Saint-Jean-Baptiste ?

Depuis 2006, plus d’une centaine d’accidents, dont sept graves et un mortel, ont été répertoriés dans le quartier. Certaines zones « accidentogènes » sont bien connues, et la palme revient sans nul doute à l’avenue Honoré-Mercier, où l’on relève plus de trente accidents sur la période. Mais la rue Saint-Jean, la rue d’Aiguillon ainsi que des rues résidentielles comme Richelieu ou Lavigueur ne sont pas en reste. L’intersection de la rue Saint-Jean avec Saint-Augustin (4 accidents), avec Sainte-Geneviève (3), Sainte-Claire (2), ou encore Turnbull (4) sont autant d’endroits dangereux. On recense également près de vingt accidents dans la partie nord du faubourg, de la rue d’Aiguillon à la rue Lavigueur. Ne parlons même pas de ceux qui sont arrivés sur René-Lévesque : 13 accidents, dont un mortel.

Panneaux d’arrêt plus ou moins respectés, feux de circulation ne prévoyant aucun temps de passage pour les piétons, tout concourt à renforcer les effets négatifs de la vitesse de circulation. Il est démontré que la vitesse est l’une des principales causes d’accident au Québec. La distance d'arrêt fait plus que doubler entre 30 et 50 km/h, et à cette vitesse, il faut presque 20 mètres sur revêtement humide pour s’arrêter, et 12,5 mètres sur revêtement sec. Quand on sait qu’en moyenne, il y a moins de 100 mètres entre chaque intersection dans le quartier, il est difficile de comprendre pourquoi nos rues sont encore majoritairement limitées à 50 km/h. On sait également que la vitesse aggrave les accidents : un impact à 50 km/h équivaut à une chute dans le vide du haut d'un édifice de quatre étages.

* Cette carte interactive peut être consultée au http://bit.ly/1SbBrIB

Piétons, piétonnes et cyclistes dans Saint-Jean-Baptiste : des dangers à chaque coin de rue