Le gouvernement libéral de Jean Charest s’est engagé à présenter une politique d’habitation à l’automne 2004. Il donnerait ainsi suite à un engagement pris lors de la dernière campagne électorale.

Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement tente de doter le Québec d’une telle politique, le Parti québécois et le Parti libéral s’y étant tous deux essayés depuis 1976... sans parvenir à en adopter une. Le gouvernement Charest réussira-t-il là où les autres ont échoué  ? Ça reste à prouver.

L’adoption d’une politique globale et intégrée de l’habitation est pourtant une nécessité, compte tenu de l’ampleur, de l’urgence et de la diversité des problèmes de logement. C’est une chose d’avoir des programmes – et le gouvernement en a adopté plusieurs au fil des ans, des bons comme des moins bons – mais c’est une tout autre chose d’avoir une vision globale de la réalité de l’habitation.

Une politique d’habitation est une nécessité... mais pas n’importe quelle politique d’habitation. Pas une politique d’habitation qui enlève à des pauvres pour donner à d’autres pauvres. Pas une politique d’habitation qui « harmonise » l’aide au logement à la baisse. Pas une politique d’habitation qui sacrifie ou marginalise l’investissement dans le logement social pour « stimuler le secteur privé dans la construction de nouveaux logements locatifs »... qui ne peuvent être que chers. Ce type de politique va trouver sur son chemin le FRAPRU et les autres organismes préoccupés du droit au logement.

Pour ne pas être à la remorque du gouvernement Charest et prendre les devants dans le débat, le FRAPRU a choisi de présenter ses revendications dans un document intitulé Pour une politique québécoise de logement social, et d’en faire la promotion avant que le projet gouvernemental de politique ne soit officiellement présenté. Les revendications du FRAPRU n’ont pas la prétention de couvrir toutes les dimensions de la question de l’habitation. Elles partent cependant de la réalité et des besoins des ménages locataires à faible et modeste revenus, et cherchent à y apporter la solution la plus adéquate, la plus complète et la plus permanente possible. Le logement social se retrouve donc au cœur même de ces revendications. L’organisme initiera cet automne une large campagne qui culminera avec un camping des mal-logéEs, à Québec, les 29 et 30 octobre prochains.

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Texte extrait du numéro de septembre 2004 du journal l'Infobourg.

Politique québécoise d’habitation: Le FRAPRU passe à l’offensive