par Yves Gauthier

Une subvention de 23 000 $, provenant moitié-moitié du municipal et du provincial, a été accordée au Comité de travail pour l'étude prospective sur l'église SJB afin qu’il mandate une firme spécialisée pour trouver le(s) moyen(s) d'enrayer l'hémorragie déficitaire de la Fabrique évaluée à environ 100 000 $ pour la dernière année d'activité.

Malgré les prières et les invocations du clergé et du pieux peuple, l'église n'a pas échappé au violent incendie qui a détruit une partie du Faubourg en 1881. L’église actuelle a donc été érigée entre 1884 et 1886, sous la direction de l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy. Depuis ce temps son immense clocher-phallus domine fièrement les hauteurs de la ville et sa masse architecturale, à la fois du genre roman et de style Renaissance, occupe une place prépondérante au cœur du Faubourg. Aujourd'hui, le clergé périclite, les fidèles se font rares, la Fabrique accumule les déficits d'exploitation, et la bâtisse – l’église Saint-Jean-Baptiste – agonise. Par l’entremise de la Fabrique, la Ville de Québec, aidée en cela par le ministère de la Culture et des Communications, lance un chantier pour sauvegarder cet « élément classé » du patrimoine religieux.

Le faste ostentatoire de l'église, qui apparaît comme un hommage à Mammon davantage qu'à la modestie du locataire de l'étable de Bethléem, entraîne un problème supplémentaire de restauration, d’autant que les lieux ne sont plus occupés, une fois la semaine, que par une poignée de fidèles vieillissants. Et le problème de la désertion de l'Église et des églises ne semble pas près de se résorber, malgré les vœux pieux du cardinal Ouellet.

Plus de 4 M$ ont déjà été investis dans des rénovations de toute sorte, et 3 M$ supplémentaires seraient nécessaires pour mettre un point final à la réfection complète de l’église SJB. Cette somme sera d'autant plus difficile à obtenir que le gouvernement Charest vient de couper de moitié le Fonds du patrimoine religieux du Québec, principal bailleur de fonds pour la restauration des églises.

Le Comité de travail est formé de représentants de la Fabrique, du CLD-Québec, de la Commission de la Capitale-Nationale, du Diocèse et de la Ville de Québec. Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste a officiellement demandé à son président Michel Auclair d'en faire partie pour l'élaboration du devis de soumission, le choix de la firme chargée des la tâche, l'étude des propositions soumises et l'approbation finale de la solution à privilégier. En d'autres mots, le Compop veut faire partie intégrante du processus décisionnel.

Le Comité populaire croit qu'une représentation des résidants et des résidantes du quartier sur le Comité de travail est primordiale pour s'assurer que les intérêts de l'ensemble du quartier soient bien défendus.

Les travaux de recherche devraient commencer début 2004. Il est à espérer, comme le souhaite le Compop, que la population sera invitée à donner ses suggestions pour l'utilisation de l'église. Et que la démarche ne se fasse pas au détriment des groupes populaires, communautaires et engagés.

L'ensemble de la population du Faubourg a payé pour la construction et l'entretien de cet édifice aux besoins gargantuesques. Il lui revient donc de plein droit d’être intégrée à toutes les étapes du processus visant à rendre l’utilisation de l’église le moins déficitaire possible, et profitable au plus grand nombre.

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Extrait du numéro de décembre 2003 du journal l'Infobourg.

Vie de quartier : Un clocher en péril