Nouveau: Reportage radio (CKIA)

En marge de la Journée « En ville sans ma voiture »

Marche populaire dans Saint-Jean-Baptiste
«Quartier résidentiel : Wo les moteurs ! »

Le 21 septembre 2007 – Une marche populaire, regroupant près de 200 piétons, piétonnes, cyclistes et poussettes, a traversé Saint-Jean-Baptiste cet après-midi pour souligner bruyamment et de façon originale la Journée «En ville sans ma voiture». Les résidant-es, mobilisé-es par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, voulaient notamment dénoncer les graves problèmes liés à la circulation de transit dans leur quartier. La marche, qui a emprunté les rues d’Aiguillon et Saint-Jean, s’est déroulée dans une ambiance festive et s’est terminée par une fête de quartier sur le parvis de l’Église Saint-Jean-Baptiste.

Wo les moteurs !
Dans un quartier, la circulation automobile est inévitable. Par contre, lorsque les automobilistes venant travailler au centre-ville se servent des petites rues aux heures de pointes pour éviter les embouteillages, la situation devient vite problématique. En plus de rendre les rues dangereuses, la présence de ces nombreuses voitures diminue de manière significative la qualité de vie des résidant-e-s. C’est ce qui se produit chaque jour dans plusieurs petites rues du quartier Saint-Jean-Baptiste, plus intensément de 8h00 à 9h00 et de 15h30 à 17h30. C’est le cas de rues comme D’Aiguillon, Sainte-Marie et Lavigueur, où habitent de nombreuses familles, qui sont quotidiennement envahies par une meute d’automobilistes en transit qui, en voulant éviter les bouchons, les multiplient. Selon Denis Blouin, résidant du quartier et membre du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, « Il faut y vivre pour prendre conscience du danger et de la menace pour les enfants. Plusieurs résidant-es n'en peuvent plus du bruit incessant causé par l'excès de circulation ». La rue D’Aiguillon, par exemple, est victime d'une pollution atmosphérique croissante et est aujourd'hui délaissée par les piéton-nes.

« Les rues du quartier Saint-Jean-Baptiste ne sont pas des boulevards urbains comme René-Levesque, ou des rues commerciales comme Saint-Jean. Ce sont des rues étroites, à dominante résidentielle» rappelle Véronique Laflamme, du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. « Réduire les impacts négatifs du transit automobile dans le quartier permettrait de redonner la place qui leur revient aux résident-es et aux piéton-nes, de redonner à la rue sa convivialité» ajoute-elle.

Assez de circulation de transit!
Selon le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, la circulation de transit devrait emprunter les grands boulevards (comme René-Levesque et Grande-Allée). L’organisme aimerait également rappeler que le transport en commun est justement organisé pour prendre en charge ce surplus de personnes en route vers la banlieue. Les rues du quartier Saint-Jean-Baptiste peuvent et doivent redevenir des rues animées par autre chose que des enfilades interminables d’autos, des rues où il fait bon jouer, se promener, vivre. La circulation de transit, voilà un problème majeur, grave et sérieux qui inquiète les résidant-es et sur lequel la Ville de Québec devrait se pencher. Afin de faire sortir la Division des transports de sa torpeur, le Comité populaire annonce que la marche d’aujourd’hui n’est que le coup d’envoi d’une vaste campagne sur cet enjeu.

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précisions sur la circulation automobile

La circulation de transit, c'est quoi?

Dans la vie, il y a trois sortes de déplacements qui donnent lieu à trois types de circulation :

    1. La circulation locale est associée aux déplacements dont l’origine et la destination sont à l’intérieur du quartier. Donc je pars de la Boucherie Bégin pour me rendre au Colisée du livre.
    2. La circulation de quartier est associée aux déplacements dont l’origine ou la destination sont à l’intérieur du quartier (mais pas les deux). Je quitte le Colisée du livre pour me rendre à la bibliothèque Gabrielle-Roy.
    3. La circulation de transit est associée aux déplacements dont l’origine et la destination sont à l’extérieur du quartier. Donc je repars de Gabrielle-Roy en prenant mon auto stationnée sur la rue Du Roi, j’emprunte la Côte d’Abraham en tournant à droite sur Honoré-Mercier pour rouler à pleine vitesse sur la rue D’Aiguillon et rendu à Philippe-Dorval, je prends le Chemin Sainte-Foy pour me rendre jusqu’à Sillery. C’est ça le transit!

Dans le Faubourg Saint-Jean, les déplacements locaux (1) se font généralement à pied tout comme plusieurs déplacements vers les quartiers voisins (2) du centre-ville. Le transport en commun quant à lui sert à la fois aux déplacements de quartier (2) et de transit (3). Ainsi le circuit d'autobus #7 sur la rue D'Aiguillon ne fait pas, à proprement parler, partie de la circulation de transit. Par transit, ou circulation de transit (3), on entend donc une circulation automobile qui traverse un quartier, mais dont l'origine et la destination sont externes à ce quartier.

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Origine du problème sur la rue d’Aiguillon

Le problème du transit sur la rue d'Aiguillon – et qui touche maintenant tout le quartier Saint-Jean-Baptiste -- a débuté vers 1960, au moment où la rue Saint-Jean – autrefois à double sens - est devenue à sens unique vers l'est. Les responsables de la circulation à la Ville ont alors sacrifié la tranquillité d'une rue résidentielle pour une plus grande efficacité des déplacements centre-périphérie. Priorité fut donc donnée aux exigences de la banlieue sur la qualité de vie des quartiers centraux et surtout sur la qualité de vie des résidant-e-s de la rue D'Aiguillon.

Dans les années 60, mises à part les heures de pointe du matin et de la fin d'après-midi, soit une douzaine d'heures par semaine, la cadence de la circulation sur la rue d'Aiguillon était soutenable. Mais peu à peu, l'intensité de cette circulation a pris une allure quasi permanente. Parallèlement, la rue s'est dégradée au point de perdre plusieurs commerces, de voir apparaître du côté sud une série d'entrées de stationnement (ce qu'on appelle le côté anal de certains édifices de la rue Saint-Jean. Aujourd'hui la situation s'est quelque peu améliorée grâce à la présence de plusieurs coopératives d'habitation, d'une renaissance partielle de la vie commerciale et de certains propriétaires qui rénovent. Mais le transit, avec le bruit constant et les risques à la sécurité qu'il entraîne, est plus intense que jamais et des coins de délabrement subsistent. Il n'est pas agréable de déambuler rue D'Aiguillon.

«Quartier résidentiel : Wo les moteurs ! »