AUX PETITS SOINS AU CLSC HAUTE-VILLE

Texte et photo par Fabien Abitbol

Durant la crise sanitaire, c’est comme une impression de désert au CLSC et au Groupe de médecine familiale universitaire (GMF-U) de la Haute-Ville. Trois à quatre fois moins de chaises dans les salles d’attente, qui malgré tout sont loin d’être toutes occupées! Un grand confort pour les usagers et usagères, mais une inquiétude à plus long terme.

Fin février, à la pharmacie du quartier, il m’avait été conseillé de consulter ma médecin rapidement, car le problème qui m’a été détecté au printemps 2018 s’était aggravé. Sur le moment, je me suis dit que la virée au GMF-U n’était pas à une semaine près. Mais, avec les mesures sanitaires mises en place à compter du vendredi 13 mars, non seulement je n’avais plus mes occupations quotidiennes dans Saint-Roch, mais en plus la pharmacie ne pouvait plus me recevoir pour mon suivi.

Le 25 mars, je me décide à appeler le GMF-U pour solliciter un rendez-vous avec la Dre D, qui est ma médecin-traitante. Son agenda étant plein, on m’a demandé le motif de mon appel, on a estimé que c’était urgent et on m’a proposé deux possibilités pour le jour- même ! J’ai été reçu par une autre médecin, à qui j’ai expliqué l’aggravation du problème. Elle a modifié un dosage, et m’a dit qu’une infirmière allait m’appeler.

Par la suite, j’ai dû me rendre trois fois au GMF-U pour des contrôles, avoir deux fois cette médecin au téléphone, quatre fois une infirmière, ainsi qu’une heure d’entretien avec l’infirmière qui suit mon cas... Cerise sur le sundae, on m’a même proposé qu’une prise de sang soit faite au GMF-U afin de m’éviter d’avoir à aller dans un hôpital. Se sont ensuivis des augmentations de dosage puis l’ajout d’un autre médicament et un contrôle avec des résultats plus normaux, plus rassurants.

Si je ne peux que me réjouir d’une telle prise en charge, bienveillante, efficace, et suivie de près, une chose m’inquiète : la baisse de fréquentation du CLSC et du GMF-U.

Manifestement, les gens craignent de mettre les pieds dans un établissement de soins par ces temps de pandémie, alors même que de nombreuses mesures sont prises: évidemment des questions au téléphone, mais aussi un nettoyage de mains au rez-de-chaussée puis au premier étage, la limitation de l’ascenseur à une seule personne adulte, etc.

Les peurs engendrées par une surdose d’informations ne doivent pas vous freiner par rapport à vos problèmes de santé ou ceux de vos enfants : s’ils vous semblent anodins, ils peuvent s’aggraver au fil du temps. Prenez soin de vous!

Cahier spécial - pandémie- Portraits confinement- Fabien Abitbol