Par Marie-Ève Duchesne
Photo: Fabien Abitbol

C’est le 7 octobre 2019 que la Ville lançait une consultation en vue de sortir au printemps 2020 sa Stratégie sur la sécurité routière 2020-2024. Dans le cadre de cette consultation, dont une bonne partie s’est faite en ligne, deux jours de consultations publiques ont eu lieu les 23 et 27 janvier derniers. Le Comité populaire Saint-Jean- Baptiste en a profité pour se faire entendre face à cette Stratégie qui, pour le moment, manque un peu d’ambition.

Les grandes orientations actuelles

Actuellement, dans les documents rendus disponibles, on connaît les grandes orientations qui traversent cette stratégie et qui nous aident à voir ce vers quoi la Ville de Québec souhaite tendre. Dans la dernière édition de L’Infobourg en décembre 2019, Pascaline Lamare nous présentait les possibilités que pourrait avoir cette stratégie pour le quartier:
• Investir 60millions$ en cinq ans, dont 11,5millions pour les zones scolaires, 16millions pour les zones accidentogènes et 25millions pour des nouveaux trottoirs;
• Réduire la limite de vitesse dans les rues résidentielles à 30km/h et 40km/h;
• Accorder 3000$ au conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste par année pour engager les résidents et résidentes à réduire leur vitesse dans les rues résidentielles;
• Accorder 3000$ à l’école Saint-Jean-Baptiste par année pour élaborer des outils de sensibilisation en partenariat avec des organismes communautaires;
• Acquérir et déployer un afficheur de vitesse dans le quartier;
• Intervenir en priorité aux 140endroits les plus accidentogènes, dont 60sont situés sur le tracé du projet de tramway et trambus. Pour le quartier, les deux sites identifiés sont sur l’avenue Honoré- Mercier, à l’angle des rues Saint-Jean et Saint-Joachim.

La réaction du Comité populaire

Bien que le Compop se réjouisse de la volonté de la Ville de réduire la vitesse pour les rues résidentielles, aucune mesure d’apaisement ne semble faire partie du portrait dans la forme actuelle de la Stratégie.

Sur la question des fonds distribués pour les démarches d’éducation avec le conseil de quartier ou avec l’école, l’objectif central semble toujours être de changer les comportements des résidents et des résidentes pour plus de sécurité. Or, le quartier Saint-Jean-Baptiste se voit aux prises avec un important problème de circulation de transit. Cette circulation est associée aux déplacements dont l’origine et la destination sont à l’extérieur du quartier. En effet, pour le quartier Saint-Jean-Baptiste, le problème de sécurité routière en est un d’abord et avant tout de circulation de transit et n’est donc pas lié nécessairement aux résidents et résidentes. Une bonne partie de la congestion automobile et de la circulation aux heures de pointe provient de la colline Parlementaire et des travailleurs et travailleuses des banlieues qui souhaitent «prendre un raccourci». Ces personnes ne connaissent ni la vie du quartier ni l’habitude pour plusieurs résidents et résidentes de marcher en plein milieu de la chaussée. Rappelons que le quartier a une pente accentuée et que les trottoirs sont étroits et souvent encombrés.

Pour le Compop, des aménagements plus structurants permettraient d’augmenter la sécurité routière, tout en améliorant grandement la qualité de vie des personnes qui y vivent. Le concept des rues partagées a donc été mis de l’avant pendant la consultation publique comme étant une voie à privilégier.

La rue partagée implique que la rue est vue comme un espace public où les personnes allant à pied et les cyclistes ont autant de droits que les véhicules motorisés, c’est-à-dire que la priorité n’est accordée à personne et qu’un respect mutuel doit s’instaurer pour assurer la sécurité de tous et toutes. Aussi, la limite de vitesse est abaissée à 20km/h.

Peu de réponses jusqu’à maintenant

À la fin de la présentation du mémoire du Comité populaire, quelques éléments de réponse ont été avancés par l’élu responsable, Patrick Voyer, et les fonctionnaires présents. Concernant la question des aménagements structurants, bien que M. Voyer dise partager cette vision, la seule solution avancée par l’élu se résume en un Bureau de la sécurité routière au sein du Service de police de la Ville de Québec. Ainsi, la vitesse pourrait diminuer dans le faubourg Saint-Jean, mais aucune mesure d’apaisement de la circulation ne semble faire partie du portrait pour le moment. M. Voyer a également voulu nous rassurer quant à la possibilité d’élargir les mandats des conseils de quartiers et des écoles afin que les outils créés ou les solutions proposées ne soient pas seulement axés sur les résidents et résidentes du quartier. Finalement, l’un des fonctionnaires présents a stipulé que la Ville de Québec souhaitait travailler en collaboration avec le Compop sur la question de la circulation de transit, dans la perspective de l’arrivée d’un Réseau de transport structurant qui viendra changer radicalement les artères entourant le faubourg.

Pour le moment, beaucoup de questions demeurent sans réponse. Il faudra tout de même continuer les mobilisations nécessaires afin d’obtenir le quartier à échelle humaine que nous souhaitons, pour les résidents et résidentes d’abord.

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Une stratégie sur la sécurité routière sans grandes ambitions