Par Pascaline Lamare

La Ville de Québec a lancé le 7 octobre dernier une démarche de consultation publique relative au contenu et aux grands axes de la nouvelle Stratégie de sécurité routière 2020-2024. Cette stratégie s’articule notamment sur une réduction de la vitesse et des interventions aux endroits les plus accidentogènes.

La Stratégie routière 2020-2024 vise notamment à:
• Investir 60 millions $ en cinq ans, dont 11,5 millions pour les zones scolaires, 16millions pour les zones accidentogènes et 25 millions pour des nouveaux trottoirs;
• Réduire la limite de vitesse dans les rues résidentielles à 30 km/h et 40 km/h;
• Accorder 3 000 $ au conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste par année pour engager les résidents
et résidentes à réduire leur vitesse dans les rues résidentielles;
• Accorder 3 000 $ à l’école Saint-Jean-Baptiste par année pour élaborer des outils de sensibilisation
en partenariat avec des organismes communautaires;
• Intervenir en priorité aux 140 endroits les plus accidentogènes, dont 60 sont situés sur le tracé du projet de tramway et trambus. Pour le quartier, les deux sites identifiés sont sur l’avenue Honoré- Mercier, à l’angle des rues Saint-Jean et Saint-Joachim. • Réduire la vitesse, enfin?

Si le maire s’enorgueillit que la Ville s’inscrive « parmi les grandes villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord», force est de constater que les accidents sont encore nombreux, et que la vitesse, notamment dans le quartier, est un enjeu de sécurité majeur. En mai 2018, le Comité populaire avait ainsi, dans le cadre de sa campagne «Dans Saint-Jean-Baptiste... Wô les moteurs!», occupé la rue Lavigueur pour réclamer une limitation de la vitesse à 30km/h ainsi que des restrictions à la circulation de transit dans les rues résidentielles du quartier.

Depuis la Loi accordant le statut de capitale nationale à la Ville de Québec, celle-ci peut imposer des limitations de vitesse sur son territoire, sans en référer au ministère des Transports. Et si la stratégie routière vise à réduire la limite de vitesse dans les rues résidentielles à 30 km/h ou 40 km/h, l’enjeu pour le quartier va être de faire reconnaître ses rues comme des rues résidentielles. La Ville cessera-t-elle d’accepter la circulation de transit comme une fatalité?

Dans le faubourg Saint-Jean, la seule zone où la vitesse est limitée à 30 km/h est celle à proximité de l’école Saint-Jean-Baptiste et uniquement aux heures scolaires, rue Saint-Jean.. Force est de constater qu’elle n’est que rarement respectée. À l’initiative du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, la rue Sainte-Claire est devenue une rue partagée limitée à 20 km/h. En dehors de ces deux zones, les automobilistes se servent des rues du faubourg comme des raccourcis pour éviter Saint-Jean, René-Lévesque et Honoré-Mercier lors des périodes de congestion.

Saint-Jean-Baptiste et les accidents

Les données des accidents compilées et cartographiées par Accès transports viables indiquent clairement que les quartiers centraux (Saint-Roch en tête) sont plus dangereux pour les cyclistes et les piétons que d’autres quartiers plus résidentiels. La récente mise à jour de la carte des accidents routiers avec piétons ou cyclistes sur le territoire des villes de Québec et Lévis, de 2005 à 2017, permet de constater que accident depuis 2006.

Depuis 2006, plus d’une centaine d’accidents, dont sept graves et un mortel, ont été répertoriés dans le quartier. Certaines zones accidentogènes sont bien connues, et la palme revient sans nul doute à l’avenue Honoré-Mercier, où l’on relève plus de trente accidents sur la période (33, dont 12 à l’intersection Saint- Jean). Mais la rue Saint-Jean, la rue d’Aiguillon ainsi que des rues résidentielles comme Richelieu ou Lavigueur ne sont pas en reste. L’intersection des rues Saint-Jean et Saint-Augustin (4 accidents), celle avec Sainte-Geneviève (3), Sainte-Claire (3), ou encore celle avec Turnbull (4) sont autant d’endroits dangereux. On recense également plus de 20 accidents dans la partie nord du faubourg, de la rue d’Aiguillon à la rue Lavigueur, et 9 à l’intersection Salaberry/Chemin Sainte-Foy. Ne parlons même pas de ceux qui sont arrivés sur René-Lévesque: 18 accidents, dont un mortel.

Comment participer à la consultation?

Les citoyens et citoyennes sont invités, jusqu’au 31 janvier 2020, à s’exprimer sur le projet de Stratégie de sécurité routière 2020-2024, dans la continuité d’un processus de consultation publique entamé en février 2018. Quoique peu conviviale, une consultation en ligne est organisée du 7 octobre 2019 au 31 janvier 2020. Les personnes peuvent se prononcer notamment sur la réduction de la vitesse, la sécurisation des trajets scolaires, la cohabitation et la courtoisie entre usagers, usagères de la route, ou l’utilisation du cellulaire au volant. Les personnes souhaitant déposer un mémoire en vue des auditions (qui se tiendront les 23 et 27 janvier 2020) sont invitées à le faire avant le 10 janvier 16h.

Pour participer (consultation, dépôt de mémoire et se faire entendre), rendez-vous au https:// participationcitoyenne.ville.quebec.qc.ca/securite-routiere

LA VILLE CONSULTE SUR LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE