Par Marie-Ève Duchesne

Après des années de mobilisations soutenues, le Regroupement des organismes en défense collective des droits (RODCD) et ses membres se réjouissent de l’annonce du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Jean Boulet. Cette annonce concernait la répartition du rehaussement prévu en 2019-2020, dans le cadre de la mesure 19.2 du Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 (PAGIEPS). Elle a été faite le 19 juillet dernier.

Cette répartition enfin dévoilée permettra à 252 organismes d’atteindre des montants minimaux en fonction de leur pallier territorial de façon à réduire les iniquités historiques du programme de financement à la mission des organismes de défense collective des droits. « Le ministre a entendu les besoins et l’expertise de notre milieu en favorisant un scénario de répartition qui permet de réduire les iniquités historiques dans notre mouvement qui souffre depuis trop longtemps d’un sous-financement chronique et de disparités structurelles », explique Jana Tostado, présidente du RODCD et coordonnatrice au Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ).

De plus, l’ensemble des organismes communautaires actuellement financés dans le programme bénéficieront d’une augmentation uniforme de 3,96 % de leur financement annuel afin que leurs actions soient soutenues. « Le financement à la mission de base est la meilleure garantie pour assurer l’autonomie des groupes et une réponse adaptée aux besoins spécifiques de chaque communauté », rappelle Jana Tostado.

Enfin l’inclusion des groupes en attente

Le RODCD a milité pour que les groupes reconnus mais encore en attente, souvent depuis de nombreuses années, bénéficient enfin d’un premier financement. Le RODCD salue donc la décision de leur dédier une enveloppe de 2,6 M $. À l’heure actuelle, douze organismes à travers le Québec se voient attribuer un premier financement grâce à cette enveloppe.

Pour le Comité populaire, ça veut dire quoi ?

On le sait, le Comité populaire Saint-Jean- Baptiste a participé activement depuis 2015 pour le rehaussement du financement des organismes communautaires. Journées de grève, manifestations, actions de visibilité, occupations, piquetage : on ne compte plus le nombre d’actions aux- quelles l’organisme a participé. Et la mobilisation a payé.

Au tout début des mobilisations en 2015, la subvention gouvernementale, provenant du programme Promotion des droits, du Comité populaire se situait à un peu plus de 42000$. Pour l’année 2019-2020, cette subvention passera à un peu plus de 74000$, venant ainsi pallier une inégalité qui existait depuis trop longtemps.

Réunis lors d’un 5 à 7 dans les locaux du groupe, une vingtaine de membres ont pris le temps de souligner cette victoire et la mobilisation de nombreuses personnes lors de cette campagne, le 12 septembre dernier.

Vers la pleine reconnaissance: des pressions à poursuivre

Les besoins de consolidation demeurent encore très importants pour l’ensemble des groupes en défense collective des droits, quel que soit leur niveau de financement actuel. Rappelons que le RODCD revendique depuis plus de 10 ans l’atteinte des 40 M $ nécessaires dans le programme Promotion des droits, pour répondre adéquatement aux besoins et permettre aux groupes en défense collective des droits de remplir pleinement leur mission.

« Si aujourd’hui nous pouvons nous féliciter d’un rehaussement historique représentant 25 % de nos revendications financières, c’est grâce à la forte mobilisation et à la grande solidarité au sein de notre mouvement. C’est sur ces bases que nous continuerons à revendiquer l’importance de soutenir adéquatement les centaines d’organismes dans les 17 régions du Québec qui œuvrent en défense collective des droits », conclut Marie-Andrée Gauthier, vice-présidente du RODCD et coordonnatrice du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec (RTRGFQ).

Victoire pour le financement une étape importante qui vient pallier un sous-financement chronique