Par Alex Saulnier
Photo : Vania Wright-Larin

En juillet dernier, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste lançait un questionnaire en ligne afin de récolter les témoignages des personnes vivant à proximité d’un logement Airbnb. Cette étude visait à déterminer les impacts qu’avait la location de logement touristique sur la qualité de vie.

L’objectif premier de cet appel à témoignages était de laisser la parole aux premières personnes concernées par l’augmentation de location Airbnb dans Saint-Jean-Baptiste: les personnes résidentes. Si les autorités municipales et les commerçants sont toujours les premiers à vanter les bienfaits de cette « économie de partage » pour la vie du quartier, les gens du quartier sont bien les derniers à vivre cette « expérience touristique » de manière positive.

Parmi les témoignages récoltés, plus de la moitié des répondantes et des répondants affirment être dérangés par des problèmes de bruits en vivant à proximité d’un logement Airbnb. Il s’agit notamment du va-et-vient incessant des touristes avec leurs valises, des femmes et des hommes de ménage qui s’occupent des logements tôt le matin, ou tard le soir, ainsi que des partys sur les balcons ou dans les cours. Une répondante nous a aussi mentionné qu’afin de prévenir le bruit causé par les touristes faisant le party dans son immeuble, un propriétaire a choisi de retirer l’ameublement de la terrasse sur le toit, privant ainsi ses locataires d’un lieu de vie commune.

Aussi, la déresponsabilisation des touristes vis-à-vis de leur environnement social, probablement dû à la courte durée de la location du logement Airbnb, implique des conséquences dans la vie quotidienne des personnes résidant dans le quartier. En effet, celles-ci ont indiqué subir des troubles de voisinage. À titre d’exemple, les espaces de stationnement réservés aux locataires sont souvent occupés par les voitures des touristes, et des mégots de cigarette sont jetés sur leur terrain sans être ramassés.

Enfin, parmi les impacts soulevés, le sentiment d’insécurité en est un préoccupant. Que les logements environnants soient occupés par des touristes – donc des personnes inconnues – amène chez les résidentes et les résidents du quartier un bris d’intimité et une difficulté à créer des relations de confiance avec le voisinage, et effrite par le fait même l’ambiance du quartier. Il a aussi été question d’harcèlement sexuel par des touristes qui venaient cogner à la porte de résidentes pour « discuter » avec elles.

Il va sans dire que les témoignages récoltés permettent de dresser un portrait inquiétant des impacts qu’a l’hébergement Airbnb sur la qualité de vie des gens du quartier. Avec plus de 23 000 visiteurs* ayant transité par la plateforme Airbnb lors du dernier Festival d’été de Québec, il n’est pas difficile d’imaginer que les situations mentionnées ci-dessus ont pu s’être produites des dizaines, sinon des centaines de fois dans la ville de Québec.

Tout compte fait, en plus de retirer des logements du marché locatif, Airbnb et toutes les plateformes d’hébergement touristique « collaboratif » affaiblissent les liens sociaux de voisinage qui permettent de créer une vie de quartier conviviale et sécuritaire. Devant un tel constat, il est possible de se demander si les autorités concernées ne font pas fausse route en se concentrant uniquement sur les conséquences fiscales de l’hébergement illégal. Elles laissent dans leur angle mort une réalité beaucoup plus préoccupante, soit celle de la qualité de vie des personnes résidant dans les quartiers.

*Donnée tirée d’un article du Journal de Québec, consulté le 19 septembre 2019: https://www.journaldequebec.com/2019/07/15/les-hotes-airbnb-font-des-aff...

Les impacts d’airbnb sur la qualité de vie des habitantes et habitants du quartier : des problèmes de bruit au harcèlement sexuel