Par Marie-Ève Duchesne
Crédit photo: courtoisie

Jean-Yves Duclos, candidat du Parti libéral du Canada

Pour le candidat libéral et député sortant, beaucoup de chemin a été accompli par son parti depuis 2015 pour le logement social. D’abord, le financement des logements sociaux existants a été prolongé jusqu’à 2028 dans un contexte où les conservateurs souhaitaient y mettre un terme. De plus, la Stratégie canadienne sur le logement adoptée par son parti reconnaît officiellement le logement comme un droit et permet ainsi d’éviter le retour en arrière. Bien que l’en- tente avec le Québec, toujours dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement, ne soit toujours pas signée, le candidat se dit prêt à se battre pour que les sommes dédiées au Québec aillent dans le logement social et communautaire. Finalement, le candidat rappelle aussi que l’allocation canadienne pour le logement proposée par son parti sera un appui aux gens dans le logement social et communautaire.

M. Duclos rappelle que la transition énergétique ne peut se faire au détriment de la justice sociale et cite son collègue candidat dans Laurier-Sainte-Marie, Steven Guilbeault, pour parler de transition juste. Il insiste sur la réduction de l’empreinte écologique, les changements de comportements, de production et de consommation qui seront nécessaires. Selon lui, le Parti libéral du Canada mettra fin à ses subventions aux énergies fossiles d’ici 2022-2023.

Concernant le réseau de transport structurant, M. Duclos reconnaît que ce dernier doit profiter à tout le monde.

Sur les enjeux féministes et antiracistes, le député sortant nous a exposé sa vision des droits qui malheureusement ne sont jamais acquis. Il cite en exemple l’attaque homophobe des dernières semaines à La Malbaie.

Le candidat n’a pas souhaité signer officiellement la demande d’appui pour l’îlot Saint-Vincent-de-Paul, mais se présente comme un allié du projet si la Ville de Québec donne son appui.

Aux gens de Saint-Jean-Baptiste, M. Duclos souhaite ajouter que le quartier en est un « de caractère », où l’on choisit de vivre, que ce soit pour l’environnement physique, social ou communautaire. Il se dit prêt à faire encore mieux pour le comté.

Christiane Gagnon, candidate du Bloc Québécois

La candidate du Bloc Québécois souhaite ramener les enjeux et réalités du Québec à la Chambre des communes. Elle qui a été députée de Québec de 1993 à 2011 souhaite que son parti devienne la balance du pouvoir aux prochaines élections. Pour des enjeux comme le logement social, la balance du pouvoir peut devenir importante afin de faire avancer des projets, surtout lors des campagnes électorales. Bien que les programmes sociaux soient des compétences provinciales, la candidate croit qu’il serait important de créer des structures afin de mieux répondre aux besoins identifiés, entre autres par le Compop, quant au logement.

Concernant le réseau de transport structurant, Mme Gagnon nous partage sa sensibilité aux enjeux de mixité sociale. Il est clair que ce réseau deviendra une attraction dans les quartiers centraux, mais si on veut un centre-ville accueillant, il sera important de le développer pour les citoyens et les citoyennes : un centre-ville sécuritaire, avec des services de proximité, des parcs.

La candidate se dit également très préoccupée par le projet d’agrandissement du Port de Québec et les impacts de celui-ci sur la population. Elle trouve inacceptable dans ce dossier que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ne se soit pas saisi d’un mandat de consultation populaire. Il s’agit d’une compétence provinciale qui ne devrait pas être menée par Environnement Canada. Le Bloc Québécois s’oppose à tout projet d’oléoduc ou de gazoduc et souhaite soutenir les entreprises les moins polluantes.

Même si la candidate reconnaît que la loi 21 n’est pas parfaite, il s’agit d’une loi qui respecte les préoccupations d’une grande partie de la population, selon elle. Toujours selon Mme Gagnon, la loi 21 répondrait à un besoin des Québécois et des Québécoises de s’affirmer et il serait dangereux d’associer le racisme et l’intolérance à une volonté de faire respecter un état laïc. Pour le Bloc Québécois, pas question de retour en arrière concernant le droit à l’avortement.

Au moment d’écrire ces lignes, la candidate n’avait pas signé la demande d’appui pour l’îlot Saint-Vincent-de-Paul.

Aux gens de Saint-Jean-Baptiste, la candidate et ancienne députée dit être prête à être avec eux et à exercer son travail d’influence. Il est important pour elle de faire partie de la communauté

Bianca Boutin, candidate du Parti conservateur du Canada

Concernant le logement social, la candidate conservatrice souhaite apporter de la souplesse dans les programmes existants afin qu’ils puissent mieux répondre aux besoins de la communauté. Que les programmes misent beaucoup sur les logements de quatre pièces et demie n’est pas adéquat par rapport à la demande actuelle pour les personnes seules et les familles nombreuses.

Sur le réseau de transport structurant, Mme Boutin n’est pas en défaveur des améliorations ou préoccupations portées par le Compop, mais attend de voir la latitude avec les ententes déjà signées. Elle fait cependant confiance à la Société de transport en commun pour ce qui est d’en fixer le tarif. Que ce soit pour un réseau de transport structurant ou pour un éventuel 3e lien, la candidate amène son souci d’avoir une connexion avec la Rive-Sud.

L’environnement est un sujet qui inquiète la candidate pour l’avenir de ses enfants. Son parti propose d’utiliser des technologies présentes au Canada pour réduire les émissions mondiales de carbone . Comme le Canada n’est pas un gros pollueur, toujours selon la candidate, il sera important de développer des solutions mondiales et des partenariats avec d’autres pays pour agir collectivement.

Sous un gouvernement conservateur, une loi comme la loi 21 sur le port des signes religieux ne serait pas envisageable à l’échelle canadienne. Mais elle croit qu’il faut respecter la décision du Québec sur cette question. Mme Boutin se considère comme une femme féministe et progressiste et rouvrir le débat sur l’avortement ne sera pas possible sous un gouvernement conservateur. Selon la candidate, aucun projet de loi allant en ce sens ne serait recevable.

Au moment d’écrire ces lignes, la candidate n’avait pas signé la demande d’appui pour l’îlot Saint-Vincent-de-Paul.

Aux gens de Saint-Jean-Baptiste, la candidate dit souhaiter demeurer à l’écoute de leurs préoccupations et des organismes qui oeuvrent sur son territoire. Son souhait sera de continuer la rencontre avec les citoyens et les citoyennes une fois élue comme députée et de demeurer accessible au plan local.

Tommy Bureau, candidat du Nouveau Parti démocratique (NPD)

D’entrée de jeu, le candidat présente la position de son parti sur les enjeux de logement : 500 000 logements sociaux et abordables sur dix ans, dont la moitié seraient réalisés dans les cinq premières années. À noter que le parti définit un logement comme abordable s’il coûte 30 % ou moins du revenu avant impôt du ménage. D’autres annonces seraient aussi à venir suite à notre rencontre.

Concernant le réseau de transport structurant, le candidat partage également les préoccupations du Compop et voit le logement social comme une solution pour ne pas expulser les personnes les plus pauvres tout au long du tracé. Il n’aurait pas d’objection à ajouter certains critères de la part du fédéral liés au financement. De plus, le NPD s’engage à être un allié dans la gratuité du transport public auprès des municipalités qui en font la demande.

M. Bureau souhaite que le Canada aille vers une transition juste et verte et, pour ce faire, considère que les grands projets d’infrastructures sont actuellement une erreur. Il se dit contre l’agrandissement du port de Québec et croit plutôt que d’autres ports pourraient répondre à la demande. Bien qu’il ne pourrait empêcher le Québec d’aller seul dans un projet de 3e lien, il assure que son parti n’endosserait pas un tel projet.

M. Bureau se dit conscient des rôles de genre qui engendrent des injustices et des violences pour les femmes, et qui ont aussi des impacts pour les hommes qui tentent de répondre au modèle dominant (santé physique et mentale, etc.) L’avortement est un droit, toujours selon le candidat. Le NPD se dit contre la loi 21, mais va respecter la décision du Québec même si, selon lui, cette loi va à l’encontre de droits fondamentaux. Il croit aussi que la polarisation autour de cet enjeu est une perte de temps et qu’il vaut mieux provoquer la rencontre pour mieux vivre ensemble.

Le candidat a accepté de donner son appui pour l’îlot Saint-Vincent-de-Paul.

Aux gens de Saint-Jean-Baptiste, le candidat souhaite des quartiers centraux qui représentent une société post-transition axée sur la vie communautaire, des services et une agriculture de proximité, un aménagement qui permet de se rencontrer.

Luc Joli-Cœur, candidat du Parti vert du Canada

Le candidat du Parti vert nous a présenté la position de son parti concernant le logement : 25 000 logements abordables par année et 15 000 logements réhabilités (rénovés) pendant dix ans. Le candidat croit que le droit au logement est un droit fondamental pour toutes les personnes canadiennes ou résidentes permanentes. Son parti propose aussi d’avoir un ministre du Logement fédéral et une nouvelle stratégie pour le logement. Ces mesures seront possibles grâce à une taxation plus équitable et à la fin des subventions pour une première propriété, qui est une mesure qui ne fait que provoquer l’étalement urbain.

Concernant les préoccupations du Compop sur le réseau de transport structurant, il ne sera pas possible d’éviter la spéculation, selon M. Joli-Cœur, mais il sera possible de l’anticiper grâce à un gouvernement compétent. Plus de logements abordables permettraient aussi de trouver un équilibre.

Le candidat a aussi présenté ses solutions environnementales : verdir nos villes pour contrer les changements climatiques et diminuer les îlots de chaleur. Son parti se dit contre l’agrandissement du port de Québec, à moins que des études viennent démontrer l’absence d’impacts environnementaux dans un éventuel projet. Il faudrait aussi avoir une vision globale du développement portuaire, selon lui. Le candidat ne croit pas du tout à un projet de 3e lien et considère que l’argent serait mieux investi dans les transports collectifs, par exemple.

M. Joli-Cœur considère que le Canada doit être une terre de résistance contre le racisme et le climatoscepticisme. Il ne sert à rien de jouer sur la peur afin de faire des gains électoraux. Le candidat n’est pas à l’aise avec la loi 21: il croit que les services publics doivent être donnés à visage découvert, mais ne trouve pas que les mesures étaient nécessaires dans les écoles. Cependant, le fédéral doit respecter la décision du Québec. Selon lui, le Québec doit faire son débat.

Le candidat a accepté de donner son appui pour l’îlot Saint-Vincent-de-Paul.

Aux gens de Saint-Jean-Baptiste, M. Joli-Cœur lance un appel aux progressistes: les enfants nous demandent de s’occuper des enjeux climatiques plutôt que de leur laisser une catastrophe. Et pour agir maintenant, il faut voter « vert ».

* Ces données proviennent de commandes spéciales du FRAPRU à Statistique Canada (Enquête nationale sur les ménages de 2011 et Recensement de 2016).
** Veuillez noter qu’il s’agit d’un résumé des discussions avec les personnes rencontrées. Par souci d’équité, nous avons tenté de faire un portrait le plus égal possible entre les réponses obtenues. L’ordre de présentation des candidats et candidates est l’ordre dans lequel ont eu lieu les rencontres.

[Élections fédérales] les réponses obtenues