Par Vincent Baillargeon
Visuel du RÉPAC 03-12

Le 27 septembre prochain, s’annonce un moment fort de la mobilisation, plusieurs organisations prévoient des actions, des perturbations, des manifestations, des fermetures, et ce, dans un contexte de grève internationale pour l’action climatique.

Quatre revendications seront au cœur de cette journée :
No 1 : S’assurer, à travers des campagnes de sensibilisation régulières, que la population est pleinement informée de la gravité des dérèglements climatiques et de l’effondrement de la biodiversité.
No 2 : Adopter une loi climatique qui force l’atteinte des cibles de GES recommandées par le GIEC pour limiter le réchauffement du climat à 1,5 degré (le GIEC estime qu’une réduction des émissions nettes de CO2 de 50 % pour 2030 et de 100 % pour 2050, accompagnée d’une forte réduction des autres GES, donnerait à l’humanité 66 % de chances d’atteindre cet objectif).
No 3 : Interdire tout nouveau projet d’exploration ou d’exploitation des hydrocarbures, et mettre un terme à toutes les subventions directes ou indirectes aux combustibles fossiles.
No 4 : Créer des structures régionales permettant à la population de contribuer à une transition juste porteuse de justice sociale.

La place des groupes communautaires

Si l’urgence climatique n’est plus à prouver, sauf chez les climatoseptiques encore trop nombreux, la façon de lutter et l’inclusion de toutes et tous dans ces luttes sont loin d’être acquises.

Depuis quelques mois, les groupes communautaires de partout au Québec s’interrogent sur leur place dans la lutte contre les crises environnementales.

Plus de 500 organismes communautaires répondent à l’appel du mouvement mondial de grève pour la planète. Caroline Toupin du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) soutient que « si les organismes communautaires se sentent interpellés, c’est parce que la crise climatique et celle de la biodiversité vont toucher prioritairement les populations vivant des injustices, c’est- à-dire celles avec qui ils travaillent au quotidien».

Même son de cloche du côté du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Extrait des propositions présentées au congrès :

Puisque les conséquences des bouleversements environnementaux touchent en premier lieu, ici comme ailleurs, les personnes les plus pauvres, et que le FRAPRU affirme l’urgence d’agir contre les causes et les effets de ces bouleversements environnementaux.

Que le FRAPRU appuie les mobilisations portant sur l’urgence climatique et que ses membres sont invités à y participer, notamment pour mettre en lumière ses conséquences sur les personnes les plus pauvres.
Que dans cette perspective, les membres du FRAPRU sont invités à participer aux activités locales et régionales de la grève pour le climat prévues le 27 septembre 2019.

Au niveau régional, pour le Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches (RÉPAC 03-12), les droits à la santé, à l’alimentation, au logement, à un revenu décent, à l’égalité entre les sexes, à des services publics de qualité et gratuits ainsi qu’à un environnement sain sont interreliés. Les conséquences de la crise écologique accentuent les inégalités sociales, économiques, culturelles et politiques, ce qui a pour effet d’exclure davantage les personnes déjà marginalisées.

Les groupes membres ont d’ailleurs voté de prendre part à la grève mondiale pour le climat du 27 septembre 2019, d’effectuer une tournée de formation sur les liens entre justice sociale et crise climatique (dans une perspective d’intersectionnalité) et de soutenir les luttes locales contre la crise climatique conduites par les mouvements citoyens et écologistes.

Parions que le 27 septembre sera un moment fort de la mobilisation, espérons simplement que tout le monde aura sa place dans ces luttes et dans le nouveau monde à créer pour mettre fin aux crises écologiques et sociales.

EN ROUTE VERS LE 27 SEPTEMBRE