Par Marie-Ève Duchesne

C’est dans le but de conclure sa campagne « Ton inaction nous rend malades » que le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste (Compop) organisait, le 25 avril dernier, un rassemblement devant l’édifice abritant autrefois l’ancienne boucherie Bégin. Des dizaines de résidents et résidentes ont répondu à l’appel du Compop afin de réclamer des autorités municipales la démolition de l’édifice dans les plus brefs délais et l’expropriation du promoteur actuel afin que le terrain revienne à la communauté. La mobilisation a été maintenue, malgré l’annonce faite par le promoteur à la veille de cette action.

Une coïncidence fortuite ?

À la veille du rassemblement prévu par le Compop, le promoteur a décidé, comme par hasard, de revenir à la charge pour annoncer une fois de plus un échéancier promettant la démolition et la construction de condos dans les prochains mois. Un timing surprenant qui n’a pas changé le plan de match des personnes mobilisées : après avoir reçu ce genre de promesse en 2015, 2017 et 2018, les résidents et résidentes font preuve de beaucoup de scepticisme quant aux intentions réelles du promoteur. Si la campagne aura permis de mettre la pression nécessaire afin d’obtenir la démolition, il n’en demeure pas moins que le projet de condos présenté ne répond pas aux besoins du quartier, la lenteur avec laquelle se vendent les condos actuellement en étant une preuve indéniable. Les différents cas de figure dans le quartier où la démolition a bel et bien eu lieu, laissant pendant plusieurs années un terrain vacant, sont aussi à se rappeler.

Un rassemblement coloré d’indignation

Réunis pour entendre les prises de parole liées à l’édifice abandonné ou au projet de condos actuel du promoteur, les résidents et résidentes ont ensuite été invités à participer à une action surprise de style die-in (action symbolique visant à «simuler la mort»). Par ce geste, les manifestants et manifestantes souhaitaient symboliser l’impatience du quartier et envoyer un message clair aux autorités municipales. Tout comme le dit le thème de la campagne, l’inaction au sujet de l’ancienne boucherie Bégin rend malade. Le rassemblement a également permis aux personnes mobilisées de laisser leurs traces sur la façade l’édifice en inscrivant leurs idées de projets répondant aux besoins de la communauté. Une piñata en forme de rat a aussi permis le défoulement collectif des plus petits et des plus grands.

Un envoi de plaintes par le biais du service 3-1-1 de la Ville de Québec avait aussi été organisé dans le cadre de cette campagne. Selon les informations disponibles au Compop, ce sont plusieurs dizaines de plaintes qui ont été envoyées afin de faire bouger la Ville de Québec dans ce dossier.

L’avenir de l’ancienne boucherie Bégin reste encore à préciser et gageons que le Comité populaire continuera de se faire entendre afin de rappeler que ce terrain aurait pu servir pour un espace vert, un jardin, du logement social...

ANCIENNE BOUCHERIE BÉGIN UNE CAMPAGNE AUX COULEURS DE L’IMPATIENCE DU QUARTIER