Par Vincent Baillargeon
Crédit photo : Véronique Laflamme

Les loyers de la région de Québec détiennent toujours la première place du loyer moyen le plus cher dans la province. Selon les plus récentes données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), il atteint maintenant 813 $ (comparativement à 796 $ pour Montréal et 770 $ pourGatineau).

Pour le quartier Saint-Jean-Baptiste, selon le dernier recensement, le loyer médian pour les ménages locataires est de 727$. La hausse des prix des logements n’aide en rien les 1755 ménages locataires du quartier qui consacrent plus de 30% de leur revenu à cette dépense. Ces hausses de loyer contribuent à précariser les conditions de vie des locataires.

Hausse de loyer: estimation possible

Cette année, dix groupes communautaires de la région de Québec ont lancé une campagne d’éducation populaire contre les hausses abusives de loyer et ont multiplié les initiatives afin de rejoindre et d’informer les locataires de la région. Des milliers de dépliants ont été distribués aux portes ou devant les commerces, et une douzaine d’ateliers ont été donnés.

Les groupes communautaires, dont le Compop, proposent d’aider les locataires pour estimer leur hausse. C’est une estimation simplifiée à partir de trois ou quatre indicateurs pour détecter si une hausse est abusive. Il y a tout d’abord les estimations moyennes de la Régie du logement, les variations de taxes scolaires et municipales et, finalement, les travaux majeurs. Dans un contexte de baisse de taxes scolaires, les locataires doivent être sur le qui-vive face aux hausses demandées.

Des taux d’inoccupation préoccupants

Depuis un an, la SCHL constate une baisse significative du taux global d’inoccupation au Québec, qui est passé de 3,4% à 2,3 %. La situation est doublement préoccupante dans certains secteurs ou pour certains types de logements. Par exemple, dans le secteur du Cap-Blanc–Vieux-Québec–Saint- Jean-Baptiste, le taux d’inoccupation des appartements pour les logements de deux chambres et plus se situe à 0,4 %. On l’a vu dans le passé, quand pareille pénurie s’installe, les propriétaires en profitent pour exercer des pressions indues sur les ménages locataires et pour obtenir des augmentations de loyer abusives. Nombre de propriétaires exercent aussi, durant les pénuries, une discrimination ouverte, sans vergogne, lors de la mise en location de leurs logements vacants. Ils préfèrent notamment louer à des ménages sans enfant et à plus haut revenu, laissant en plan les ménages les plus pauvres et les plus vulnérables: les jeunes, les familles, les personnes racisées, les personnes à faible ou modeste revenu en font le plus souvent les frais.

Soyons vigilants et vigilantes!

VERS UNE CRISE GÉNÉRALISÉE DU LOGEMENT