Québec, le 15 janvier 2019 – Dix groupes communautaires de la région de Québec ont lancé aujourd’hui une campagne d’éducation populaire contre les hausses abusives de loyer. Profitant de la période de pointe de renouvellement des baux, ces groupes souhaitent informer les locataires de leur droit de refuser la hausse demandée par leur propriétaire.

Pour ce lancement, des militantes et militants pour le droit au logement se sont rassemblé-e-s pour une action de visibilité́ au coin de la Canardière et de la 3e avenue à Limoilou.

Des loyers chers!

La région de Québec détient toujours la première place du loyer moyen le plus cher dans la province. Selon les plus récentes données de la SCHL, il atteint maintenant 813 $ (comparativement à 796 $ pour Montréal et 770 $ à Gatineau). Depuis le début des années 2000, à Québec, le loyer moyen pour un logement de deux chambres à coucher est passé de 518 $ à 839 $, une hausse de 62 %, soit presque le double de l’inflation pour la même période. « Les hausses de loyer contribuent à précariser les conditions de vie des locataires. Pour des milliers de ménages de notre région, ça signifie faire le choix déchirant entre se loger et couvrir adéquatement ses autres besoins essentiels », déplore Jonathan Carmichael, organisateur communautaire au Bureau d’animation et information logement (BAIL).

De plus, au cours de la dernière année, la région de Québec a vu le taux d’inoccupation des logements connaître une forte diminution, passant de 4,5 % à 3,3 %. La situation est doublement préoccupante dans certains secteurs ou pour certains types de logements. Par exemple, dans le secteur du Cap-Blanc/Vieux-Québec/Saint-Jean-Baptiste, le taux d’inoccupation des appartements pour les logements de 2 chambres et plus se situe à 0,4 %. « Dans un contexte de baisse marquée du taux d’inoccupation, les locataires doivent être sur le qui-vive face aux hausses demandées. Des propriétaires seront tentées de profiter de la diminution de logements offerts en location pour augmenter de manière injustifiée les loyers », s’inquiète Jonathan Carmichael.

Qui plus est, la diminution marquée des taxes scolaires cette année amène les groupes communautaires à recommander aux locataires de faire preuve d’une grande vigilance et de prendre davantage le temps de bien analyser la hausse demandée par leur propriétaire. La forte diminution des taxes scolaires un impact à la baisse sur l’augmentation de loyer.

Une campagne pour rejoindre les locataires

Au cours des prochaines semaines, les groupes communautaires vont multiplier les initiatives afin de rejoindre et d’informer les locataires de la région. Des milliers de dépliants seront distribués au porte-à-porte ou devant les commerces et une douzaine d’ateliers d’information sur la reconduction du bail seront offerts aux locataires, et ce partout dans la ville de Québec. De plus, des actions de visibilités seront aussi effectuées dans les endroits passants de la ville.

Cette campagne est initiée par les groupes suivants: le Bureau d'animation et information logement, le Centre multiservices Le Complice, le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le Comité des citoyennes et citoyens du quartier Saint-Sauveur, le Comité logement d'aide aux locataires, le Comité maisons de chambres de Québec, le Comité Action logement de Duberger Sud, le Local communautaire Claude-Martin, la Ruche Vanier et la Table de quartier l'EnGrEnAgE de Saint-Roch

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Communiqué de presse: des groupes communautaires se mobilisent contre les hausses abusives de loyer