Par Cheryl Ann Dagenais, coordonnatrice du Comité logement d’aide aux locataires (CLAL)
Crédit photo: courtoisie

Il y a quelques années déjà, nous avons assisté à la construction d’un édifice de 29 étages et ni l’arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, ni les citoyens et les citoyennes n’ont pu s’y opposer parce que les constructions de plus de 25000 mètres carrés échappent désormais au processus de contestation (voir l’article 74.4 de la Charte de la Ville de Québec).

Les besoins des mal-logés à Sainte-Foy sont importants : il faudrait développer plus de 2000 unités de logements sociaux pour répondre aux 2895 ménages qui paient plus de 50% de leurs revenus pour se loger (Statistique Canada, 2016). Chaque premier du mois, ces ménages se demandent s’ils vont payer le loyer ou bien manger. La pauvreté est cachée dans cet arrondissement que l’on imagine bien nanti.

Quand on pense qu’il y a 6965 ménages (Statistique Canada, 2016) qui paient plus de 30 % de leurs revenus pour se loger, on peut se poser la question: qu’est-ce qu’un projet de développement comme Le Phare viendrait apporter à Sainte-Foy et pour qui serait-il développé?

À Sainte-Foy, on n’a pas besoin d’aller chercher des ménages dans d’autres arrondissements pour faire du développement en logement social. On a un retard considérable à rattraper, car il s’est fait trop peu de logements sociaux dans les 40 dernières années, surtout pour les familles. Quelques projets ont vu le jour dans le secteur, mais c’est nettement insuffisant pour répondre à l’ensemble des mal-logés d’ici.

De plus, les réseaux routiers sont tellement devenus engorgés depuis 2010, que ça ressemble drôlement au trafic de la ville de Montréal à son heure de pointe. On peut s’imaginer ce que Le Phare provoquerait comme augmentation de la congestion et de la pollution.

À court, moyen et long termes, il faudrait plutôt répondre aux besoins des 6965 ménages mal-logés, en développant du logement social, du transport en commun ainsi que des aménagements conviviaux pour les piétons, les cyclistes et les automobilistes.

DU LOGEMENT SOCIAL À SAINTE-FOY PLUTÔT QU’UN PHARE