Par Marie-Ève Duchesne

« Y vas-tu se passer quelque chose avec le Bégin ? » Voilà une question qui revient souvent entre les murs du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste (Compop). Par des membres bien impliqués au sein de nos comités de travail, mais aussi par des résidentes et résidents exaspérés de voir cet édifice se détériorer en plein cœur du quartier. La grogne se fait même sentir par des actions citoyennes de «redécoration urbaine » récurrentes depuis l’installation des imposants panneaux d’affichage sur la devanture de l’édifice. Des panneaux qui nous vendent de l’élégance, de la qualité exceptionnelle, mais qui ne semblent pas du tout répondre aux besoins du quartier.

C’est en octobre dernier que le Journal de Québec nous confirmait ce que l’on pouvait pressentir depuis longtemps : nous en sommes au même point actuellement qu’avec les anciens promoteurs. En effet, dans l’article paru le 18 octobre sous le titre «Encore des retards à la Boucherie Bégin», on apprenait que les permis sont prêts à être délivrés par la Ville de Québec depuis longtemps, mais que la firme Genius n’a pas encore complété ses demandes. Et pour ajouter à l’absurdité de la situation, le promoteur aurait répondu par courriel que le projet suivait toujours son cours. Difficile de ne pas être cynique.

Pendant ce temps, les irritants demeurent et continuent de faire jaser (ou de rager, c’est selon). Et n’en déplaise au maire Labeaume qui s’est contenté d’accorder toute sa confiance dans le promoteur actuel tout en minimisant la colère citoyenne, la grogne est bel et bien présente dans le quartier.

Désireux de mettre la pression nécessaire puisque la Ville ne semble pas vouloir jouer son rôle, Luttes sociales du Compop s’organise pour une campagne qui devrait commencer au début du printemps. Une campagne s’articulant autour de la démolition de l’édifice, de l’expropriation du promoteur et d’un projet répondant aux besoins de la communauté (vendre deux condos en un an, c’est pas vraiment ce qu’on appelle un succès). Restez à l’affût de cette campagne : ce printemps, on passe à l’action !

Y’EN A MARRE DU BÉGIN