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Par Laurent Lévesque, organisateur communautaire à l’Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain (ADDSQM)
Lors d’une action du 11 juin dernier, les militant·e·s de l’ADDSQM, de Rose du nord et de l’ADDS Rive-Sud ont dénoncé les coupures à l’aide sociale annoncées dans la réforme de l’aide sociale de Chantal Rouleau.
Alors que nous étions déjà bien crinqué·e·s et révolté·e·s concernant les annonces sur les personnes prestataires de plus de 58 ans et les familles monoparentales qui voyaient leurs prestations pour contrainte temporaire coupées*, le gouvernement en a rajouté une couche en coupant les demandeur·euse·s d’asile. Les demandeur·euse·s d’asile reçoivent un ajustement sur leur chèque de 15 à 30 $ dollars pour compenser le fait qu’ils et elles ne sont pas admissibles au crédit d’impôt pour solidarité. Ce ne sera plus le cas. On parle vraiment d’une coupure dégueulasse d’économies de bouts de chandelle.
Mais la CAQ ne cesse de nous surprendre dans son inventivité malsaine. Cet automne, on apprenait dans différents articles de La Presse** et du Devoir*** que la ministre de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, souhaite couper les prestations d’aide sociale pour les demandeurs d’asile. Les journalistes ont eu accès à un mémoire gouvernemental qui proposerait de limiter l’aide sociale pour les demandeurs d’asile à neuf mois.
À l’émission Tout le monde en parle, le 21 septembre, le premier ministre du Québec, François Legault, confirmait les intentions de son gouvernement en matière d’aide sociale aux demandeurs d’asile. Voici une transcription maison des déclarations du premier ministre lors de l’émission :
« Ce qu’on dit, c’est que le [gouvernement] fédéral doit réduire le nombre [de demandeur d’asile], si le [gouvernement] fédéral n’agit pas, il faut revoir le panier de service. Pourquoi [les demandeurs d’asile] viennent au Québec ? Parce qu’on est un peuple très généreux, mais on a le droit de se poser la question, est-ce qu’après six mois, on doit continuer à payer l’aide sociale ? Est-ce qu’on doit continuer de subir ce que l’on subit présentement, la hausse des prix du logement, c’est l’offre et la demande, le manque d’enseignant, d’infirmière ?**** ».
Nous nous opposons à cette idée de limiter l’aide sociale dans le temps, peu importe la catégorie de personnes prestataires d’aide sociale. C’est un précédent extrêmement dangereux. Les prestations d’aide sociale ne couvrent même pas la mesure du panier de consommation (MPC). Les personnes prestataires vivent donc déjà dans une pauvreté extrême avec la « généreuse » aide de l’état québécois. Le premier ministre nous informe qu’il faudrait blâmer les demandeurs d’asile pour la crise du logement quand son gouvernement a dérégulé l’industrie du logement au Québec et a coupé dans les programmes de construction de logements sociaux. Il souhaite les punir pour des crises qu’il a lui-même empiré. Franchement honteux et déconnecté comme discours. Le premier ministre se pose en victime de la situation et utilise des personnes qui sont souvent dans des situations très difficiles comme élément de négociation avec le gouvernement fédéral et pour dissimuler les conséquences des orientations néolibérales de son gouvernement.
Encore une fois, les demandeur·euse·s d’asile méritent notre entière solidarité.
Les inégalités sociales se creusent au Québec et c’est les riches qui sont à blâmer, pas les plus pauvres qui, rappelons-le, sont victimes de ces crises. Il est temps d’augmenter les prestations d’aide sociale pour toutes les personnes assistées sociales. C’est impossible de vivre avec 829 $ par mois !
Solidarité avec les demandeuses et demandeurs d’asile.
* Notons que les personnes de plus de 58 ans et les familles monoparentales déjà admis à la contrainte temporaire pourront conserver leur prestation par droit acquis. Ce ne sera vraisemblablement pas le cas pour les demandeur·euse·s d’asile.
** Charles LeCavalier, « Québec pourrait réduire les prestations d’aide sociale », La Presse, 17 septembre 2025.
*** Isabelle Porter, « Québec se dit prêt à réduire l’aide sociale versée aux demandeurs d’asile », Le Devoir, le 17 septembre 2025 et Isabelle Porter, « Les demandeurs d’asile sont de moins en moins nombreux à réclamer de l’aide sociale », Le Devoir, le 9 octobre 2025.
**** Transcription libre de l’émission de Radio-Canada, « Tout le monde en parle », émission du 21 septembre 2025.
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