Par le collectif Un salaire pour tous·tes les stagiaires de la Capitale-Nationale

« Pas de salaire, pas de stagiaire ». C’est ce que les personnes participant à la manifestation, fatiguées de « s’endetter pour travailler », ont scandé.

Le jeudi 10 novembre dernier, à l’occasion de la journée internationale des stagiaires, plusieurs actions ont été entreprises dans les cégeps et universités du Québec. La revendication mise de l’avant par les mouvements sociaux étudiants actuels porte sur la salarisation de tous les stages. C’est dans ce contexte qu’une journée de grève a été votée par différentes associations étudiantes de l’Université Laval, de même que celle du Cégep Limoilou, pour ne nommer que ces établissements.

« Ras-le-bol d’être bénévoles »

Ce slogan est révélateur de la frustration des stagiaires. Encore aujourd’hui, de nombreux programmes comme ceux de sciences infirmières, travail social ou d’enseignement ne sont pas rémunérés pour leur travail. À l’inverse, l’École de technologie supérieure (ÉTS) estime que ses stagiaires des programmes de génie peuvent avoir gagné plus de 46 000$ au terme de leurs stages*. Quel sera le salaire de l’aspirante travailleuse sociale qui effectue son stage dans le réseau de la santé et des services sociaux? 0$.

Quels sont les effets à long terme d’une telle différence? Il est difficile de les chiffrer. Il est cependant logique de croire qu’en finissant son stage, la situation financière de la personne qui aura gagné 46 000$ se portera mieux que celle qui n’aura pas été salariée.

Travailler le jour, le soir et la fin de semaine

Elisabeth Guilbault, étudiante à la maîtrise en travail social, a présenté sa situation personnelle lors de la manifestation du 10 novembre. Voici ce qu’elle rapporte : « J’entends bien que je ne suis pas la seule à être complètement outrée de me rendre compte que la plupart des domaines où les stages sont non rémunérés sont des stages où on retrouve majoritairement des femmes. Je pense entre autres à mes amies et futures sages-femmes, nutritionnistes, enseignantes, sexologues, pharmaciennes... Cette lutte ne date certainement pas d’hier! Encore une fois, on travaille gratuitement, dans l’ombre. Mais ce qui a changé, c’est qu’on ne travaille plus en silence. On se mobilise entre deux cours, entre deux quarts de travail pour crier, revendiquer et se faire entendre.

Notre travail est important, notre travail mérite d’être reconnu au même titre que n’importe quel travail mais surtout, notre travail est INDISPENSABLE dans cette société où il manque de travailleur·se·s sociaux partout et où les gens qui veulent avoir de l’aide n’en trouvent plus. Je ne changerai pas de domaine d’étude pour me trouver un stage rémunéré. J’ai confiance qu’on se fasse entendre et que cette injustice fera écho jusqu’aux oreilles des personnes qui prennent la décision consciente de ne pas rémunérer notre travail.

Je me bats pour la salarisation des stages mais je me bats aussi pour la reconnaissance de toutes ces professions à majorité féminine qui ne sont pas valorisées dans notre société, que l’on prend pour acquis, que l’on ignore... Je me bats pour une vision d’un monde où toustes, à travail égal, auraient un salaire égal, et ce, incluant les stagiaires. Nous nous battrons jusqu’au bout. »

Se battre « jusqu’au bout », c’est ce qu’entend bien faire le comité de la Capitale-Nationale du collectif Un salaire pour tous.tes les stagiaires.

Facebook : Salarisation des stages – Capitale-Nationale
* (https ://www.etsmtl.ca/entreprises/embauchez-un-stagiaire/ salaire)

« PAS DE SALAIRE, PAS DE STAGIAIRE »