Québec, le 2 avril 2026 – Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste (Compop) reçoit avec beaucoup d’indignation l’annonce du financement du projet de l’îlot Saint-Vincent de Paul faite aujourd’hui. Si la possibilité d’un financement réel et attaché se veut une excellente nouvelle pour le projet porté par le Compop et d’autres mouvements citoyens au fil des quarante dernières années, l’obligation d’intégrer 20 % de logements intermédiaires dans le projet indigne royalement l’organisation.
En effet, l’annonce pour le financement inclus dans le projet 20% de logements «abordables intermédiaires», un concept introduit dans les programmes par la Coalition Avenir Québec et actuellement prisé par la Société d’habitation du Québec. Le logement intermédiaire est un logement dont le prix maximal est fixé à 150 % des loyers plafonds définis dans le Programme d’habitation abordable du Québec (PHAQ). « On parle de logements qui actuellement tourneraient autour de 1 400 $ par mois pour un 3 et demi et 1 600 $ par mois pour un 4 et demi. Dans un contexte où la cherté du loyer fait déjà des ravages, qui va pouvoir se payer ces logements ? Comment le gouvernement provincial peut-il en justifier le besoin de 4 et demi à 1600 $ ? Nous avons besoin de logements sociaux, de logements que l’on peut réellement se payer. Les logements intermédiaires n’aident en rien à la situation, si ce n’est que de faire baisser la facture du gouvernement du Québec au détriment des ménages les plus pauvres » s’est indignée Marie-Ève Duchesne, porte-parole pour le Compop.
Un discours incohérent
Pour le Compop, cette volonté caquiste de vouloir imposer du logement intermédiaire est un non-sens. « Comment la CAQ peut-elle justifier ce choix alors qu’elle vient elle-même de déposer le projet de loi 20 (concernant la Loi visant à favoriser l’accès au logement et modifiant diverses dispositions concernant le domaine de l’habitation) qui introduit l’idée d’un revenu maximal par ménage pour pouvoir vivre dans un logement social non-subventionné ? D’un côté, on exige des revenus plus modestes pour pouvoir y accéder et de l’autre on exige également des loyers dont les ménages à revenus plus modestes ne pourront pas se payer. C’est insensé ! » a expliqué Nicolas Villamarin Bonilla, également porte-parole pour l’organisme.
Des économies de bouts de chandelles
Pour le Comité populaire, il est clair que l’utilisation du logement intermédiaire n’est qu’une question d’économies. « Tout ce que l’on cherche en introduisant du logement intermédiaire c’est de faire baisser la facture du gouvernement. Aucune justification ne peut expliquer l’arrivée du logement intermédiaire dans le projet. Quelle sera la prochaine étape ? Nous imposer seulement des studios afin de faire plus de portes au même prix ? Il serait peut-être temps que la CAQ se rappelle la mission de la SHQ qui est de favoriser l'accès des citoyen·ne·s à des conditions adéquates de logement plutôt que de jouer au promoteur privé qui cherche à économiser dans un contexte de crise d’abordabilité » a ajouté Mme Duchesne.
Le Comité populaire rappelle que ce terrain devait revenir à 100 % à la communauté avec un projet de parc, de logement social, d’un jardin communautaire et d’un CPE. L’imposition de 20 % de logements intermédiaires est une trahison par la CAQ et la SHQ de la volonté locale. Le Compop entend mettre la pression nécessaire dans les prochaines semaines et les prochains mois pour aller récupérer ce qui revient à la communauté. D’ailleurs, l’organisme appelle à une manifestation le samedi 18 avril prochain visant à ce que le projet de l’Îlot Saint-Vincent de Paul réponde à 100 % aux besoins de la communauté et que la CAQ recule sur l’imposition de logements intermédiaires dans le projet.