(La rédaction)
(Photo : Une corde à linge contenant les messages récoltés dans les derniers mois a été installée devant l’Assemblée nationale.)
Le Regroupement des femmes sans emploi du Nord de Québec (ROSE du Nord), l’Association de défense des droits sociaux de la Rive-sud (ADDS Rive-Sud) et l’Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain (ADDSQM) se sont mobilisé·es lors d’une manifestation, le 7 mai, dans le cadre de la 53e Semaine de la dignité des personnes assistées sociales. Cette mobilisation avait pour thème « Vos promesses c’est bien beau, mais ça ne remplit pas le frigo ! »
Tenue dans le cadre d’une campagne de mobilisation préélectorale, cette action coïncidait également avec la semaine de la rentrée parlementaire, qui a eu lieu le 5 mai dernier, après la prorogation des travaux exigée par la CAQ pour nommer sa nouvelle première ministre. Alors que les député·es se sont accordé·es des augmentations salariales de 50 % sur cinq ans et se prémunissent aujourd’hui d’une prime de 1 % contre l’inflation, les personnes assistées sociales, elles, doivent se contenter d’indexations annuelles bien en dessous du coût réel de la vie. Reconnaître l’inflation pour les députés·es, tout en refusant d’assurer des conditions de vie dignes aux plus pauvres, est qualifié de pratique déconnectée par les groupes organisateurs.
Dans ce contexte, les groupes mobilisés et leurs allié·es ont profité de cette action pour revendiquer des prestations à la hauteur minimale de la mesure du panier de consommation (MPC) ainsi que l’élargissement des modalités du Programme de revenu de base pour toutes les personnes prestataires. L’organisation remet en question également les intentions du nouveau gouvernement Fréchette quant au soutien réel qu’il entend offrir aux personnes assistées sociales.
À l’approche des élections provinciales, les partis politiques vont multiplier les promesses pour tenter de séduire l’électorat. Mais, selon les groupes organisateurs, pour les personnes qui vivent la pauvreté au quotidien, ces promesses ne les concernent pas : elles ne paient pas le loyer et ne remplissent pas le frigo. « Les prestations d’aide sociale maintiennent des milliers de personnes dans la pauvreté. Tant que les partis politiques vont considérer la pauvreté comme un problème individuel, rien ne changera. Ils doivent s’engager à modifier les lois et les politiques sociales pour permettre aux personnes de vivre plutôt que de survivre », s’est indignée Sarah-Ève Brodeur, militante salariée à ROSE du Nord.
La Semaine de la dignité vise à sensibiliser la population et à dénoncer les injustices structurelles que subissent les personnes assistées sociales. Chaque année, des actions sont organisées pour combattre les préjugés et revendiquer des conditions de vie décentes.
Monique Toutant, militante active à l’ADDSQM, a souhaité rappeler que « les personnes assistées sociales sont des citoyennes et des citoyens à part entière. On mérite le respect, on mérite l’écoute et on mérite surtout la dignité ! ».