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Des centaines de personnes prennent la rue contre le saccage du filet social et la dérive autoritaire du gouvernement

Soumis par compop le

(Crédit photo : Conseil central 03-12 (CSN)

(La rédaction) Des centaines de personnes ont pris la rue à l’occasion de la Journée internationale des travailleuses et des travailleurs, le 1er mai, à l’appel d’une coalition ad hoc d’organisations syndicales, communautaires, féministes et étudiantes. La manifestation régionale s’est déroulée sous le thème « Solidarisons-nous contre la dérive antidémocratique, le saccage du filet social et les politiques anti-immigration ».

La CAQ doit changer de cap

« Malgré des sondages désastreux et un changement de garde au sommet, le gouvernement caquiste poursuit son agenda législatif comme si de rien n’était, » a dénoncé la présidente de la CSN, Caroline Senneville, qui en a profité pour inviter la nouvelle première ministre à changer de cap immédiatement. « Il n’y a aucune honte à reconnaitre et corriger une erreur, il n’est pas trop tard pour mettre fin à la dérive autoritaire à laquelle on assiste depuis un an environ, » estime la syndicaliste. « Le gouvernement doit se ressaisir et retirer les lois et projets de loi qui s’attaquent aux contre-pouvoirs, comme les lois qui s’attaquent au droit de grève et à la liberté d’association, le projet de constitution élaboré sans consultation, les menaces à l’autonomie des groupes communautaires et les restrictions au droit de manifester », a-t-elle conclu.

Renforcer le filet social

« Il faut reconnaitre que nos communautés sont sous pression : tout coûte beaucoup trop cher et c’est de plus en plus difficile d’arriver, » a ajouté Naélie Bouchard-Sylvain, du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire (REPAC). « Au lieu de jouer son rôle de redistribution de la richesse et de réduction des inégalités, le gouvernement caquiste empire la situation avec une politique d’austérité brutale », a-t-elle dénoncé. La porte-parole du communautaire dénonce également l’inaction face à la crise du logement, les compressions dans les programmes sociaux, le sous-financement du communautaire, les pressions accrues sur les réseaux de la santé et de l’éducation. « On nous demande de toujours faire plus avec moins pendant que les inégalités se creusent. Ça ne peut plus continuer, » a poursuivi Naélie Bouchard-Sylvain.

Renouer avec la dignité humaine et la solidarité

« Depuis quelques années, nous assistons à un discours identitaire très dur envers l’immigration qu’on accuse de tous les maux, » s’est indigné Raphaël Laflamme, du Centre des travailleuses et des travailleurs immigrants (CTTI). « Ce qui est inquiétant, c’est que ça se traduit en politiques publiques déshumanisantes, par exemple l’abolition du programme d’expérience québécoise (PEQ), le projet de loi C-12 au fédéral qui brime sérieusement le droit d’asile, ou le recours continu aux permis de travail fermés qui plonge des milliers de personnes dans la précarité et l’incertitude », illustre le porte-parole. Pour le porte-parole du CTTI, il est urgent de renouer avec des politiques migratoires fondées sur la dignité humaine et la solidarité : « Nous refusons une logique désignant les personnes immigrantes comme boucs émissaires et défendons plutôt une société fondée sur la solidarité, l’égalité de droits et la dignité pour toutes et tous. »