Le droit de manifester sérieusement compromis à Québec

Communiqué de presse
pour diffusion immédiate

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Québec, le 19 juin 2012. C’est aujourd’hui à 13h00 que les membres du Conseil municipal se prononceront sur une série de modifications au « Règlement sur la paix et le bon ordre relativement aux manifestations, assemblées, défilés et attroupements ». Une fois ces changements apportés, toute manifestation sera considérée comme illégale si les organisateurs et organisatrices ne remettent pas d’avis préalable à la Direction du service de police. Ces dispositions s’appliquent également à d’autres types de rassemblements, comme des lignes de piquetage. De plus, la Ville impose un couvre-feu en interdisant toute manifestation après 23h00. Il s’agit d’atteintes graves au droit de manifester, pavant la voie à l'arbitraire policier et à la criminalisation de la dissidence politique.

Interpeller par surprise un chef de parti en campagne électorale sera dorénavant illégal à Québec. (Photo d'une action tintamarre visant André Boisclair du P.Q. le 15 mars 2007, source).

Ces modifications viennent donner une légitimité à posteriori au harcèlement policier à l’œuvre depuis plusieurs mois à Québec. On rapporte plus de 500 arrestations dans des manifestations organisées dans la foulée du mouvement de grève étudiante. L’administration municipale, en procédant à l’adoption en catimini de ces nouveaux règlements, vient cautionner la répression de manifestations pourtant légitimes.

Les groupes sociaux de Québec organisent chaque année des actions et des manifestations spontanées, notamment en période électorale lors du passage de candidats-vedettes dans notre région (un exemple parmi d'autres). Désormais, il nous sera impossible de faire entendre la voix des sans-voix sans se plier aux exigences des forces de l’ordre. C’est une atteinte grave à la liberté d’expression qui s’ajoute à la loi 78, adoptée ce printemps par le gouvernement provincial. Mais contrairement aux dispositions de la loi 78, la nouvelle réglementation municipale sera permanente. Elle aura des répercussions sur toutes les manifestations nationales organisées dans la Capitale.

Les groupes signataires unissent leurs voix pour dénoncer cette réglementation abusive et réclamer de toute urgence une enquête de fond sur les agissements du Service de police de la Ville de Québec dans le cadre des manifestations depuis le début de la grève étudiante. Des porte-parole tiendront un point de presse devant l’Hôtel de Ville de Québec tout de suite après la séance du Conseil, prévue cet après-midi à 13h00.

Signataires :

Mathieu Houle-Courcelles, Comité populaire Saint-Jean-Baptiste
Typhaine Leclerc-Sobry, Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur
Jonathan Carmichael, Bureau d’animation et information logement
Lydia Berthiaume, Association pour la défense des droits sociaux du Québec métro
Anne-Valérie Lemieux Breton, REPAC
Véronique Laflamme, Front d’action populaire en réaménagement urbain
Hind Fazazi, Front d'action régional à Québec de l'ASSÉ
Jérémie Tremblay, Association facultaire des étudiant-e-s en sciences sociales (UL)
Hélène Nazon, Profs de Québec contre la hausse
Sacha Calixte, Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Limoilou
Cheryl Ann Dagenais, Comité logement d’aide aux locataires

Communiqué de presse conjoint