Par Marie Langevin

L’information nous est parvenue grâce à une pancarte publicitaire : le projet « Les terrasses de Maisonneuve » en est un de condos, de luxe!

Réuni en consultations publiques en décembre 2003 et en juin 2004, le conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste a donné son aval à la construction d’une quarantaine de logements locatifs sur le site de l’ancien garage Maisonneuve. Trois mois plus tard, le conseil de quartier apprend, grâce à l’affichage publicitaire des promoteurs René et Robert Perreault, que « Les Terrasses de Maisonneuve » sont en fait des condos de luxe!

En acceptant de recommander la modification des normes d’implantation pour permettre la construction d’un édifice sur l’îlot transversal situé entre le boulevard René-Lévesque et la rue De Maisonneuve, les membres du conseil de quartier se sont prononcés en faveur d’un projet locatif. Certes, il s’agissait d’appartements de luxe, mais apportant néanmoins de nouvelles unités de logement dans le secteur; c’est dans cet esprit que les éluEs et les citoyenNEs du quartier ont soutenu la modification au zonage. Et l’on peut penser qu’il en était de même pour les autorités municipales.

Vérifications faites par le conseil de quartier, les promoteurs sont en droit de modifier la vocation d’un projet après qu’il y ait eu consultation populaire. En effet, le champ d’application du zonage, en tant que réglementation municipale, ne s’applique pas au type d’habitation, et ni la Ville, ni le conseil de quartier, ne peuvent exiger –via le zonage– qu’un projet soit à vocation locative. Lucien Morin, président du conseil de quartier, se désole du manque de respect dont ont fait preuve les promoteurs et la Ville de Québec, qui n’ont pas, dans ce dossier, jugé bon d’aviser l’organisme démocratique qu’il représente.

Dans le contexte de la crise du logement, n’y aurait-il pas lieu de se méfier des projets d’habitation de luxe? Leur caractère locatif est aisément modulable et les institutions démocratiques, lorsqu’il y en a, s’avèrent impuissantes à encadrer suffisamment leur vocation.

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Extrait du numéro de décembre 2004 du journal l'Infobourg.

Se faire passer un condo