La facade de l’ancienne boucherie Bégin se dégrade à vue d’oeil : l’affichage sauvage fait des ravages, plusieurs vitres sont défoncées et certains pans de la vitrine ne tiennent qu’à un fil.

Par Nicolas Lefebvre Legault

Abdelah Bouchakour, le chef-propriétaire du restaurant Chez Amira, en a marre : il veut que ça bouge dans le dossier de l’ancienne boucherie Bégin. Pour éviter de revivre le cauchemar de l’été dernier, le commerçant a imaginé un projet temporaire qu’il a soumis à la Ville de Québec.

« Je ne veux pas revivre ce que j’ai vécu l’an dernier », explique M. Bouchakour. L’été c’est capital pour un restaurateur, rappelle-t-il. Or, son voisin fait littéralement fuir la clientèle. « Il y a les odeurs, les affiches, la saleté, ça ne répond pas du tout aux normes du faubourg », énumère le chef qui assure qu’il voit régulièrement des passants et passantes traverser la rue pour ne pas longer la façade placardée. Lors des grandes chaleurs, il y a même des clientes et clients qui sont rentrés dans son restaurent et qui sont repartis à cause de l’odeur de l’immeuble voisin. « Il y a aussi un danger d’incendie », croit M. Bouchakour, selon qui la rumeur veut que des gens entrent dans l’ancienne boucherie la nuit en passant par l’arrière.

Lorsque le restaurant Chez Amira a ouvert en août 2014, le propriétaire croyait que la situation de l’immeuble voisin serait temporaire. « J’espérais que ça bouge et il y avait régulièrement des annonces de projet mais sans résultat », rappelle-t-il. Il a déposé des plaintes l’an dernier sans succès. À défaut des travaux de démolition tant attendus, M. Bouchakour propose à la Ville un projet temporaire. « Il faudrait sécuriser la façade, la rendre jolie avec un trompe-l’œil, mettre des bancs et des plantes pour assainir l’air et empêcher l’affichage sauvage », dit-il.

Il s’agit d’une demande adressée à la Ville de Québec. « Moi je paie des taxes commerciales et même un loyer pour la terrasse, la Ville devrait me fournir les conditions propices à l’exercice de mon métier, c’est à la Ville de prendre les mesures nécessaires. » Le commerçant a présenté son projet au Comité populaire Saint-Jean-Baptiste et à la SDC du faubourg Saint-Jean pour obtenir leur appui. Toutes les intervenantes conviennent qu’il est plus que temps que le dossier bouge.

« À la limite, si le promoteur n’est pas capable de réaliser son projet de condos, la Ville devrait l’exproprier et plutôt construire du logement social, pense Marie-Ève Duchesne du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. Si ça avait été un projet de coopérative d’habitation, ce serait habité depuis
longtemps. » Pour ce qui est du projet temporaire de M. Bouchakour, l’organisatrice communautaire donne son appui : « C’est sûr que le statu quo est inacceptable. »

Rappelons que la boucherie Bégin a fermé ses portes le 20 octobre 2012 et que l’immeuble ne fait que se dégrader depuis.

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Extrait du numéro de mars 2016 du journal l'Infobourg

Un projet temporaire pour la façade du Bégin