Retour à la case départ… la coop en moins

Par Mathieu Houle-Courcelles

Le 6 septembre dernier, une centaine de personnes a participé à la consultation publique organisée par le conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste au sujet du développement de l’îlot Irving. Le propriétaire du terrain, GM Développement, a présenté son nouveau projet, un immeuble de 22 mètres (6 étages), comportant 75 condos et des espaces commerciaux. Le zonage actuel prévoyant une hauteur maximale de 13 mètres (4 étages) le long de la rue Saint-Jean, le promoteur a donc demandé à la Ville une dérogation pour lui permettre de construire un immeuble plus haut afin, dit-il, de rentabiliser l’achat du terrain.

Les médias s’intéressent encore beaucoup au dossier.

Comme il l’avait annoncé au préalable, GM Développement a déposé un projet qui ressemble à s’y méprendre à celui que la population a majoritairement rejeté lors du référendum, à deux choses près. Outre le changement apporté à la hauteur de l’immeuble, il n’est plus question d’intégrer du logement social sur le site. La toiture verte et l’accès au stationnement intérieur les soirs de déneigement seraient toutefois maintenus, tout comme les deux cases de stationnement pour Communauto. Fait à noter : la disparition des logements coopératifs n’a pas semblé émouvoir la conseillère municipale du district des Faubourgs, Mme Chantal Gilbert, pour qui le respect de la « mixité sociale » passe désormais par la construction de nouveaux condos de luxe dans le quartier.

Un rejet massif

Ce qui devait arriver arriva : la grande majorité des personnes présentes dans la salle ont demandé au conseil de quartier de rejeter la demande de GM Développement. Plusieurs intervenants, dont les membres du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, ont vivement critiqué la disparition du projet de coopérative d’habitation. Ils ont insisté sur la nécessité pour la Ville d’adopter une politique d’inclusion obligatoire forçant les promoteurs à inclure 30 % de logements sociaux dans les projets immobiliers, tout en maintenant le zonage en vigueur.

Pour sa part, M. Louis Doyle, qui était porte-parole du comité du « non » lors du référendum de l’hiver dernier, a demandé le respect des critères d’aménagement élaborés par le conseil de quartier en 2000. Ces critères prévoyaient notamment un immeuble d’au plus 18 mètres (6 étages) et des marges de recul importantes. M. Doyle s’est senti floué par l’attitude de Mme Gilbert, qui avait promis de revenir aux critères de 2000 en cas de victoire du « non » au référendum.

Plutôt que de proposer le respect intégral du zonage sur la rue Saint-Jean, le conseil de quartier a finalement choisi de revenir aux critères élaborés en 2000. Il renvoie ainsi la balle aux élus de l’arrondissement La Cité-Limoilou, qui devront décider d’aller ou non de l’avant avec la dérogation demandée par GM Développement. Si les conseillères d’Équipe Labeaume décident de maintenir le cap et d’accorder au promoteur la dérogation qu’il demande, il n’est donc pas exclu que le quartier replonge dans une nouvelle campagne référendaire.

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Extrait du numéro d'automne 2012 du journal l'Infobourg

Ilot Irving