(Québec, 6 février 2012) Une majorité de 53% des citoyennes et des citoyens qui se sont prononcés dimanche dans le référendum à l'Îlot Irving ont choisi de voter non. «Nous respectons ce choix majoritaire de nos voisins» a indiqué Nicolas Lefebvre Legault, coordonnateur du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. Pour le groupe de défense de droit, la balle est maintenant dans le camp du promoteur et, surtout, de la Ville de Québec.

«GM Développement devra tenir compte de cette expression démocratique majoritaire et retourner à sa table à dessin» a indiqué le M. Lefebvre Legault. «Nous souhaitons de tout coeur qu'un nouveau projet résidentiel respectant le zonage voit le jour sur ce site et que ce projet intègre un maximum des bonifications qui avaient été apportées au projet battu hier en référendum» a-t-il dit.

L'organisme espère par ailleurs trouver rapidement une solution pour le groupe de la coopérative d'habitation La face cachée. «N'oublions pas qu'un groupe de locataires s'active depuis maintenant deux ans pour fonder une nouvelle coopérative dans le quartier, il ne faudrait pas que le résultat du référendum signale la mort du projet» a déclaré Mathieu Houle-Courcelles, organisateur communautaire au Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. L'organisme espère d'ailleurs compter sur l'aide et la collaboration de la conseillère municipale du District des faubourgs, Madame Chantal Gilbert, qui est également responsable du dossier de l'habitation à la Ville de Québec.

Selon le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le résultat du référendum ne doit pas amener d’eau au moulin de ceux et celles qui militent activement pour l’abolition des référendums. «À notre avis, la création de zones franches d’approbation référendaire à Québec est une très mauvaise idée et ne fera qu’alimenter le cynisme des citoyens et des citoyennes» pense M. Houle-Courcelles.

D'après le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le dossier de l'Îlot Irving illustre plutôt les faiblesses de la politique d'habitation de la Ville de Québec. Malheureusement, le préjugé favorable de l'administration municipale en faveur du logement social est insuffisant. «Dans l'état actuel du marché de la construction, les groupes communautaires ne font pas le poids face aux promoteurs immobiliers, il faut trouver une solution permanente» pense Nicolas Lefebvre Legault. C'est justement pour éviter de se retrouver à la merci de la bonne volonté des promoteurs privés que les groupes communautaires revendiquent depuis plus de dix ans que la Ville de Québec se dote d'une réserve foncière dédiée au logement social et d'une réelle politique d'inclusion de logements sociaux dans les grands projets. «Le fait que GM Développement ait été l'un des seuls promoteurs à tenter l'aventure de la mixité sociale prouve la nécessité d'une telle politique d'inclusion» déclare M. Lefebvre Legault.

* * *

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste est un comité de citoyen-ne-s actif depuis 1977 dans le quartier du même nom. L’organisme fait la promotion du logement social et d’un aménagement urbain respectueux.

-30-

Référendum à l’Îlot Irving - La balle est dans le camp du promoteur... et de la Ville selon le Comité populaire