Par Mathieu Houle-Courcelles

Qu’on le veuille ou non, les choix faits en matière de transport affectent notre vie quotidienne. C’est ce que nous rappellent les consultations qui ont eu lieu cet automne sur le Plan de mobilité durable (PMD).

Le quartier Saint-Jean-Baptiste, par sa localisation au coeur du centre-ville, est directement concerné. Alors que beaucoup de résidantes et résidants sont aux prises avec divers problèmes liés à l’omniprésence de l’automobile (congestion aux heures de pointe, circulation de transit, difficulté de stationnement, sécurité dans les déplacements, etc.) et qu’on évoque la possibilité d’investir des milliards de dollars pour bonifier l’offre de transport en commun et développer certains secteurs (par exemple, Pointe-aux-Lièvres, boulevard Charest et d’Estimauville), plusieurs questions se posent. Tout en souscrivant de manière générale aux objectifs retenus par la Ville, le Comité populaire a fait ses recommandations pour que le PMD réponde plus spécifiquement aux préoccupations des résidantes et résidants de Saint-Jean-Baptiste.

Un tramway et une piste cyclable

Comme de nombreux autres intervenants, le Comité populaire demande que le tramway passe par le boulevard René-Lévesque afin d’offrir une liaison rapide et directe entre Sainte-Foy et la colline Parlementaire, ce qui est exclu dans le tracé initial proposé par le Comité sur la mobilité durable. Alors que le réseau Métrobus est utilisé à pleine capacité et que les problèmes de congestion automobile deviennent de plus en plus importants à chaque extrémité du boulevard René-Lévesque, l’option du tramway s’impose d’elle-même, tant son succès semble assuré. Le Comité populaire défend également la nécessité d’aménager des pistes cyclables pour desservir le même axe, sans détours inutiles par les rues au Nord ou au Sud, afin de faciliter les déplacements à vélo en toute sécurité.

L’Écolobus dans le quartier

Afin de mieux desservir les résidantes et résidants de la Haute-Ville, le Comité populaire propose également l’ajout d’un nouveau parcours Écolobus qui ferait la liaison entre la rue Cartier, le Centre Lucien-Borne, la rue Saint-Jean (jusqu’à l’hôtel de ville) et le boulevard René-Lévesque. Moins polluant, très silencieux et accessible, l’Écolobus semble être une solution toute indiquée pour des trajets de proximité. Cette proposition a déjà reçu l’appui de l’Association des gens d’affaires du Faubourg et pourrait se réaliser dans un proche avenir, qui sait?

Quelle place pour les piétons?

Dans un quartier où les déplacements à pied font partie intégrante du quotidien des résidantes et résidants, le Comité populaire propose l’aménagement de nouvelles rues partagées et des mesures concrètes pour enrayer le problème du transit automobile. On le sait, la rue Sainte-Claire prendra une vocation piétonnière après les travaux réalisés en 2011 et 2012. Ce projet pilote doit avoir des suites. Mais tant et aussi longtemps que le phénomène de la circulation de transit prendra de l’ampleur, la sécurité des piétons sera compromise sur plusieurs rues résidentielles. Voilà pourquoi le Comité populaire revient à la charge et demande que le virage à droite soit interdit aux heures de pointe sur la rue d’Aiguillon à partir de l’avenue Honoré-Mercier, une fois que les travaux de voiries seront complétés.

Du logement pour toutes et tous

Alors que la Ville souhaite attirer des résidantes et résidants le long du boulevard Charest et développer des éco-quartiers à la Pointe-aux-Lièvres et dans le secteur d’Estimauville, le Comité populaire joint sa voix à celle du Comité des citoyennes et des citoyens du quartier Saint-Sauveur pour demander l’inclusion d’au moins 30 % de logements sociaux (coops d’habitation, obnl ou hlm) dans ces nouveaux développements. En Haute-Ville comme ailleurs, il faut de la place pour les locataires, y compris pour celles et ceux à faibles revenus. Si de l’argent public est dépensé, la population doit en profiter.


Une forte participation populaire

La porte-parole de la Ville de Québec, Mme Marie-Christine Magnan, se dit très satisfaite de la participation du public aux consultations sur le Plan de mobilité durable. Les quatre séances d’information ont attiré environ 600 citoyens et citoyennes. Près de 1900 personnes ont répondu au questionnaire en ligne entre le 7 septembre et le 1er octobre. « Du jamais vu », d’après Mme Magnan. La Ville a également reçu 80 mémoires et entendu 49 présentations par des citoyennes, des citoyens et des organismes (dont le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste).


Un plaidoyer pour la gratuité

Dans son document soumis à la consultation, le comité de travail sur la mobilité durable souligne avoir apporté une attention particulière aux « besoins des familles à revenus plus modestes et des personnes seules ». Or, il n’est nulle part question de la tarification du transport en commun. Pour les ménages à faibles revenus, cet enjeu est déterminant. Pour le Comité populaire, le transport est un droit important qu’il convient de réaffirmer. Afin de répondre à cet objectif, le Compop recommande l’adoption d’une politique de tarification sociale instaurant la gratuité du transport en commun pour les ménages à faibles revenus et un gel des tarifs pour les autres usagers, suivi d’une diminution progressive jusqu’à la gratuité pour toutes et tous.

Dans plusieurs villes à travers le monde, la gratuité complète ou partielle des transports en commun a donné d’excellents résultats, tant au niveau économique, social que culturel. Pour financer de telles mesures, il faut montrer aux automobilistes et aux entreprises les vrais coûts du transport routier en refilant directement à ses utilisateurs une partie de la facture liée à l’entretien et à la réfection du réseau, de même qu’en augmentant le coût du stationnement au centre-ville (à l’exception des vignettes pour les résidantes et résidants). La Ville de Québec doit également se prévaloir de la taxe spéciale sur le carburant (annoncée dans le dernier budget provincial) et réinvestir ces sommes dans son système de transport en commun. Si l’on veut atteindre les cibles de fréquentation citées dans le document soumis à la consultation, il faut se donner les moyens nécessaires d’y arriver. Pour le Comité populaire, cela passe par la gratuité.

Le mémoire du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste est disponible ici.

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Extrait du numéro d'octobre 2010 du journal l'Infobourg

Plan de mobilité durable - Des propositions pour le quartier