Communiqué de presse pour diffusion immédiate

Québec, le 13 janvier 2010 - Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste a vertement critiqué aujourd’hui en conférence de presse le projet d’hôtel envisagé sur le site de l’ancien Patro Saint-Vincent-de-Paul, de même que la position défendue par l’administration Labeaume dans ce dossier.

Plus de questions que de réponses

Les esquisses dévoilées le 15 décembre dernier sont loin de satisfaire les attentes des résidants et des résidantes du quartier Saint-Jean-Baptiste. « Il s’agit d’une version « couleur » du premier projet présenté l’an dernier : on a changé quelques éléments esthétiques pour le rendre plus présentable, sans plus. En substance, rien n’a changé. Ce projet ne correspond pas à ce que nous attendons comme développement sur le site de l’ancien Patro » souligne Mathieu Houle-Courcelles, porte-parole du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

L’organisme s’inquiète notamment du gabarit de l’édifice projeté, lequel compterait plus de 300 chambres et jusqu’à 700 places de stationnement. « Accepter ce projet sans en connaître les détails équivaut à signer un chèque en blanc au promoteur. On sait encore très peu de choses sur le développement projeté. La façade du côté nord tourne-t-elle toujours le dos à la basse-ville? Quel type de commerces sera ouvert au rez-de-chaussée? Quel espace occupera l’hôtel sur le site? Où sont les espaces publics et les percées visuelles vers les Laurentides? Autant de questions qui pour l’instant restent sans réponse » déplore Mathieu Houle-Courcelles.

Un processus bâclé

Le géographe Marc Boutin a pour sa part critiqué le manque de vision de l’administration Labeaume dans ce dossier. « Au lieu de déterminer un plan d’urbanisme et des critères d’aménagements précis sur le site de l’ancien Patro, on s’en remet exclusivement au bon vouloir du promoteur. Les citoyennes et les citoyens sont pris de court lorsqu’on saute cette étape cruciale, qui permet justement à la démocratie urbaine de s’exprimer ». Le Comité populaire a d’ailleurs fait l’exercice de présenter un tel plan d’urbanisme lors d’un forum citoyen organisé le 25 avril dernier à l’ENAP auquel plusieurs dizaines de personnes ont participé.

M. Boutin tient également à rappeler que le site de l’ancien Patro est inclus dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU) de la colline Parlementaire, de même que dans le secteur protégé par l’UNESCO. « Il est inconcevable que l’administration Labeaume donne un passe-droit au promoteur sans attendre la suite des consultations publiques amorcées le printemps dernier alors qu’elle s’était engagée à le faire au moment de lancer ce processus » dénonce le géographe. Une analyse préliminaire des interventions réalisées lors du forum public et sur le contenu des mémoires déposés en juin dernier montre clairement que la construction d’un hôtel sur ce site est loin de faire l’unanimité. En effet, la majorité des intervenants estime qu’il faut privilégier une mixité des usages faisant une large place à l’habitation.

Le défi d’être conséquent, transparent et démocratique

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste invitera la population à se mobiliser au cours des prochaines semaines afin que l’administration municipale respecte ses engagements, parmi lesquels figure l’expropriation du site. Le porte-parole de l’organisme a conclu la conférence de presse en lançant un défi au promoteur, M. Jacques Robitaille, ainsi qu’au maire de Québec, M. Régis Labeaume : « La population veut avoir son mot à dire dans le développement de son milieu de vie. Aurez-vous le courage de défendre ce projet d’hôtel face aux citoyens et aux citoyennes dans le cadre d’un débat ou d’une consultation publique? Nous vous invitons à relever le défi, afin de permettre à chacun de s’exprimer et de se prononcer sur l’avenir de ce site exceptionnel ».

Patro Saint-Vincent-de-Paul : la population doit être entendue