Par Mathieu Houle-Courcelles

Un mois à peine après l’élection municipale, l’équipe du maire Régis Labeaume fait volte-face dans le dossier du Patro Saint-Vincent-de-Paul. En effet, lors du conseil municipal du 7 décembre dernier, le maire de Québec a indiqué que le promoteur Jacques Robitaille lui avait présenté un nouveau projet d’hôtel. Le jugeant « pas mal beau » à son goût, M. Labeaume a rejeté du même souffle une demande de mise en réserve du terrain déposée par Anne Guérette, la conseillère indépendante de Montcalm-Vieux-Québec, qui tente depuis des mois d’amener la Ville à se commettre dans ce dossier. Le maire refuse même d’entendre parler de consultation publique.

Après avoir brandi publiquement la menace de l’expropriation pendant la campagne électorale, l’entourage du maire négocie maintenant avec le propriétaire une fin « honorable » pour toutes les parties. Le problème, c’est que Jacques Robitaille n’en démord pas : il veut son gros hôtel et n’a que faire de logements sociaux et de commerces de proximité sur « son » terrain. Pour réaliser ses projets de grandeur, ce dernier tente également de mettre la main sur l’immeuble à logement situé à côté, afin de contrôler le haut du versant sud de la côte d’Abraham. Rappelons que Jacques Robitaille est également propriétaire de l’ancien garage Jojo, un autre terrain laissé à l’abandon un peu plus bas sur la côte d’Abraham.

Ce que le Maire et ses conseillers semblent avoir oublié, c’est que le site de l’ancien Patro Saint-Vincent-de-Paul fait partie du territoire couvert par le Programme particulier d’urbanisme (PPU) de la colline Parlementaire et qu’à ce titre, tout développement à cet endroit doit être soumis à un processus de consultation publique. Les détails du projet du promoteur doivent être dévoilés dans les plus brefs délais afin que la population puisse juger de son intérêt. Ce processus doit être transparent. On ne peut pas se fier simplement au bon goût du maire de Québec pour déterminer ce qui serait acceptable ou non comme développement. D’ailleurs, un large consensus existe sur la nécessité de tenir des consultations publiques dans ce dossier.

Où sont les logements?

Il y a un mois, la priorité pour la Ville était de ramener des résidants et résidantes en haute-ville en développant du logement sur le site du Patro. Où est passée la mixité de logements dont parlaient les candidats et candidates d’Équipe Labeaume pendant la campagne électorale? Le Comité populaire, tout comme plusieurs autres groupes de citoyens et citoyennes, réclame que le site de l’ancien Patro serve en priorité à la construction de nouvelles coopératives d’habitation.

Après des années de sur-place, arrivons-nous au dénouement de ce qu’il convient d’appeler « l’affaire » du Patro? Le Comité populaire pense qu’il faut poursuivre la lutte et maintenir la pression sur les élus et élues pour qu’ils respectent leurs engagements. Il faut minimalement qu’il y ait des consultations publiques où pourront être présentées plusieurs alternatives. Le site du Patro mérite mieux qu’un autre hôtel insipide, qui n’apportera rien de bon au quartier Saint-Jean-Baptiste. Il est grand temps que la population ait son mot à dire dans le développement de son milieu de vie.

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Extrait du numéro de décembre du journal l'Infobourg

Patro Saint-Vincent-de-Paul: Il faut des consultations publiques !