Les candidat-e-s sont interpellé-e-s sur les revendications du quartier

Plus d'une cinquantaine de personnes ont bravés le froid et la pluie!

Québec, 24 octobre 2009 – La manifestation qui sillone aujourd’hui les rues de Saint-Jean-Baptiste, sur le thème «on veut des voisins, pas d’autres tours», interpelle les candidat-e-s à l’élection municipale sur les revendications du quartier. Logement social, circulation de transit, espaces verts : voilà un avant-goût des dossiers chauds qui attendent ceux et celles qui seront élu-e-s à l’hôtel de ville.

«Le centre-ville n’est pas une page blanche»

«Depuis l’arrivée au pouvoir de Régis Labeaume, les projets de développement immobiliers se multiplient au centre-ville : un nouvel hôtel sur le site Saint-Vincent-de-Paul, une nouvelle tour à Place Québec, des gratte-ciel pour « cacher » le Complexe G, 400 condos de luxe sur Grande-Allée…» explique Mathieu Houle-Courcelles, porte-parole du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. «Il faut réagir et poser la question du type de développement souhaité : dans quel quartier voulons-nous habiter? Au milieu des tours et de la congestion automobile ou dans un centre-ville vivant et coloré, où il y a de la place pour tout le monde?»

«Les politiciens et les politiciennes doivent comprendre que le centre-ville n’est pas une page blanche. Il y a une histoire, un milieu organisé avec des besoins et des revendications et c’est ce que nous soulignons aujourd’hui» déclare l’organisateur communautaire. Les manifestant-e-s ont donc défilé dans le quartier et marqué des arrêts dans quelques lieux symboliques.

«Des voisins pas des tours»

Un premier arrêt derrière l’hôtel Delta, au coin de la rue Saint-Gabriel et de la Côte Sainte-Geneviève, a permis de visualiser le conflit entre deux visions du centre-ville. Il y a sur ce coin de rue plusieurs terrains de stationnement, dont certains de propriété publique, que la Ville a identifié comme étant à «requalifier» dans le cadre du Programme particulier d’urbanisme de la colline Parlementaire. La municipalité envisage d’y développer des tours à bureaux. Pour sa part, le Comité populaire souhaite que ces terrains servent au développement de nouvelles coopératives d’habitation, en harmonie avec la trame urbaine du faubourg. Un panneau revendiquant l’usage de ces terrains à des fins de logement social a été installé sur les lieux.

«Exit le transit»

Un deuxième arrêt a été effectué au coin de la rue d’Aiguillon et de la rue Saint-Augustin pour permettre la pose d’un panneau interdisant la circulation de transit dans ce quartier résidentiel. Après huit ans de pression, les résidant-e-s sont parvenu-e-s à obtenir quelques arrêt-stop supplémentaires et l’installation d’une «zone 30» afin de ralentir le transit automobile sur la rue d’Aiguillon, une rue résidentielle où l’on retrouve notamment une école primaire . «Ces quelques avancées sont nettement insuffisantes» précise toutefois M. Houle-Courcelles. Certaines mesures simples pourraient s’appliquer, comme l’interdiction de tourner à droite sur Honoré-Mercier, mais les fonctionnaires sont fermés à ces solutions jugées «radicales». Le Comité populaire, en collaboration avec le Comité Action d’Aiguillon, travaille quand même avec la Ville dans l’espoir de trouver des solutions permanentes.

Ex-Patro Saint-Vincent-de-Paul

Un troisième et dernier arrêt a eu lieu en face de l’ancien Patro Saint-Vincent-de-Paul. Ce site, laissé à l’abandon depuis des années, illustre parfaitement la nécessité d’exproprier les propriétaires délinquants, une revendication portée depuis plusieurs années par le Comité populaire. «Nous militons activement pour l’expropriation d’un propriétaire qui non seulement s’avère incapable de mettre en valeur ce site exceptionnel mais qui, en plus, s’est comporté en délinquant en procédant à une démolition sans permis» rappelle Mathieu Houle-Courcelles. «On imagine bien ici un projet populaire avec un maximum de logements coopératifs, une grande place publique et un espace vert». Deux pancartes à cet effet ont d’ailleurs été posées sur les clôtures entourant le site.

Notre quartier n’est pas à vendre!

«La ville doit cesser d’être un terrain de jeu pour les promoteurs», a conclu le porte-parole du Comité populaire. «Les besoins et les préoccupations des résidant-e-s doivent être au cœur du développement des quartiers. Dans Saint-Jean-Baptiste, les enjeux sont clairs. Nous manquons de logements à prix abordable, d’espaces verts et de locaux communautaires. Il faut développer davantage le transport actif et collectif pour contrer efficacement la circulation de transit. On doit faire plus de place aux piétons, aux vélos et aux poussettes. Nous voulons un quartier à échelle humaine, où les résidant-e-s seront en mesure de continuer à prendre en main leur milieu de vie».

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste est un comité de citoyens et de citoyennes actif dans le Faubourg Saint-Jean depuis 1977. Pour en savoir plus, visitez notre site web à www.compop.net

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ANNEXE

Revendications immédiates du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste

• Prioriser à court terme la création d’une centaine d’unités de logements sociaux dans les espaces vacants et dans ceux nécessitant une requalification.

• Exproprier le site de l’ancien Patro Saint-Vincent-de-Paul pour y développer des projets utiles à la communauté (espaces verts, place publique, logements sociaux).

• Développer avec les résidants et les résidantes de vraies solutions au problème de la circulation de transit dans le quartier.

Pour de plus amples détails, consultez le mémoire déposé par le Comité populaire dans le cadre des consultations sur le PPU de la colline Parlementaire sur notre site web : www.compop.net/memoire_ppu.

Manifestation dans Saint-Jean-Baptiste