Par Nicolas Lefebvre Legault

Le retour du printemps amènera comme d’habitude, outre les oiseaux et le beau temps, son lot de grues et de pelles dans le faubourg Saint-Jean-Baptiste, au gré des divers chantiers urbains. L’un d’eux revêt une importance particulière pour le quartier. Il s’agit du chantier de la coopérative d’habitation l’Escalier, sur l’îlot Berthelot, prévu pour la mi-avril.

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Esquisse de l’élévation sur René-Lévesque. Source: www.lafondcote.com

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Portrait d’une coopérative

La coopérative qui sera construite sur le boulevard René-Lévesque comptera 80 logements dans deux ensembles ayant chacun la forme d‘un fer à cheval. Ça en fait certes une «grosse» coopérative, mais comme le quartier a perdu 185 logements locatifs entre 2001 et 2006, cet ajout ne fera certainement pas de torts. L’Escalier pourra répondre à des besoins diversifiés tout en favorisant la mixité sociale. En effet, un peu plus de la moitié des logements pourront accommoder des familles puisqu’ils comptent au moins deux chambres à coucher. De plus, jusqu’à la moitié des logements pourra être subventionnée, garantissant aux locataires des loyers ne dépassant pas 25% de leur revenu. Les autres logements se loueront à un prix légèrement inférieur au marché environnant en Haute-Ville (ce qui est tout de même passablement cher).

La coopérative l’Escalier a été formée en février 2005 par un groupe de requérants et requérantes répondant à un appel du Comité populaire. C’est donc dire qu’il aura fallu plus de quatre ans pour concrétiser le projet!

En quatre ans, bien de l’eau a coulé sous les ponts et plusieurs membres fondateurs de la coopérative ont cédé leur place pour diverses raisons. Une chose demeure cependant : les valeurs de la coopérative. La mobilisation des membres, dans un processus de démocratie participative transparent fait d’assemblées générales régulières, de formations fréquentes et d’un travail de comité soutenu, est au cœur du projet. C’est cette pratique démocratique qui a soulevé des montagnes et qui permet de croire que la coopérative relèvera haut la main le défi de l’autogestion, malgré le nombre très élevé de logements.

Un accouchement difficile

Nous avons annoncé à quelques reprises le début des travaux dans ces pages avant de nous buter à chaque fois à de nouveaux obstacles, notamment l’ingérence politique déplacée à l’arrimage parfois compliqué entre les différents services municipaux concernés et à des difficultés inhérentes à la nature du terrain. Cette fois, cependant, tout semble bien en place. L’appel d’offre de la coopérative a été publié dans Le Soleil du 27 septembre 2008, l’ouverture des soumissions a eu lieu le 7 novembre, l’engagement définitif de la Société d’habitation du Québec a été accordé le 23 janvier 2009 et le contrat de construction a été signé trois jours plus tard. Au moment d’écrire ces lignes, le processus de sélection se poursuit pour attribuer les derniers logements disponibles.

L’équipe de l’Infobourg se joint au Comité populaire Saint-Jean-Baptiste pour saluer la détermination et la persévérance des membres de l’Escalier. On le mesure mal lorsqu’on est au cœur de l’action, mais, par son ampleur et par la mobilisation qu’il a suscité, le projet de la coop l’Escalier est aussi important pour le quartier que le furent en leur temps les projets sur la rue Saint-Gabriel ou encore ceux du couvent du Bon-Pasteur. Chapeau bas aux coopérants et coopérantes et longue vie à l’Escalier!

Dossier complet à consulter sur le Web : www.compop.net/escalier.

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Extrait du journal l'Infobourg

Une nouvelle coopérative dans le quartier