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Analyse : La dérive d’Ann Bourget
Ça se confirme, les gens de Québec auront le choix entre la droite, la droite et... la droite pour la mairie de Québec. Même si elle n’ose utiliser ce mot, encore tabou dans son parti, Ann Bourget se positionne dans un drôle de coin de l’échiquier politique depuis la mort d’Andrée P. Boucher. L’héritière de la mairesse... Dans le même article, la candidate se permet même de casser du sucre sur le dos des syndicats et de se faire la porte-parole de la génération X. Pour elle, les finances de la Ville sont prioritaires et elle compte bien s’attaquer de front aux syndiqués-es. «Je ne fais pas partie de la génération du «tout cuit dans la bouche», dit la chef du RMQ au JdeQ. On a bâti nos jobs. Il faudra qu’on présente clairement les enjeux: on n’a pas d’argent. Le discours d’Andrée Boucher, il est important de le reprendre.» Gérer la ville «comme une business» Place à la girouette Dans Le Soleil du 22 septembre, tout ce qu’Ann Bourget trouve à dire, c’est que les coûts de l’étude sur le tramway devront être assumés par les gouvernements supérieurs. Ça tombe bien parce que c’est exactement ce que prévoient les programmes... D’ailleurs, personne n’a jamais demandé à la Ville de mettre une cenne là-dedans! Là où ça se gâte, c’est quand elle dit, tout en conservant un préjugé favorable envers le tramway, qu’«il n’est pas question d’enfoncer ce projet dans la gorge des gens s’ils n’en veulent pas (...)». Pour être bien sûre de noyer le poisson, la candidate veut que l’étude sur le tramway identifie des alternatives à ce moyen de transport ainsi que leurs coûts afin de faire une comparaison. «Les déplacements dans la région sont en augmentation. Au lieu du tramway, faudra-t-il d’autres autoroutes, élargir celles qu’on a, des nouveaux stationnements? Ça va prendre des chiffres. Il faudra regarder tous les aspects du dossier avant de prendre une décision pour ou contre», a-t-elle ajouté au journaliste du Soleil. Derrière le discours de politicien, ce qu’on comprend c’est que le projet de tramway est passé à la trappe des ambitions électorales d’Ann Bourget. La métamorphose de la candidate du RMQ se poursuit. De déclaration en déclaration, l’image de l’écolo granole un peu gô-gôche s’estompe et fait place à celle d’une politicienne comme les autres, d’une girouette qui n’est intéressée que par le pouvoir. Courtiser «la» banlieue Ce qui marche et émerge en ce moment, c’est la classe moyenne, celle qui vit en banlieue. Quand le Journal de Québec titrait à la une «la mairesse du peuple» à propos d’Andrée P. Boucher, c’était de ce peuple là dont il parlait. Étalement urbain et vulgaire démographie obligent, le centre-ville pèse d’un poids politique de plus en plus léger. C’est dommage, mais les habitants-es du centre-ville ne sont plus à la mode avec leurs problèmes de logement, de transport et de pauvreté. Il n’y a plus grand capital à faire à nous courtiser! Politiquement, la force en émergence actuellement est une «nouvelle» droite populiste et décomplexée. Dans la grande région de Québec, on peut affirmer sans crainte d’être contredit que cette «nouvelle» droite est déjà la nouvelle majorité sociale et politique. Dans le fond, le RMQ ne fait qu’en prendre acte en tenant un discours susceptible de plaire à cet électorat. Ce qui ne vient que confirmer ce que nous savons depuis longtemps, à savoir que le RMQ n’est finalement qu’un parti politique comme les autres, c’est-à-dire opportuniste. ==
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