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Logement: la chutePar Nicolas Lefebvre Legault Depuis un an, les groupes communautaires passent pour des hurluberlus parce qu’ils continuent d’appuyer frénétiquement sur le bouton panique de la «crise du logement». Jusqu’à la dernière minute, les médias et les autorités politiques ont choisi de regarder ailleurs en répétant sans arrêt que «jusqu’ici tout va bien». Or, comme chacun sait, «ce qui compte, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage»… Et, comme il était prévisible, une vingtaine de familles de Québec se sont écrasées au sol parce qu’on avait omis de tendre un filet de sécurité pour amortir leur chute. La chute Ce qui devait arriver arriva. En effet, 21 ménages -dont plusieurs familles- sont allés cogner aux portes des groupes communautaires les semaines précédant le jour J du grand déménagement. Une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants qui risquaient fort de se retrouver à la rue. La différence fondamentale avec les années passées? Dans la Ville de Mme Boucher, il est presque impossible d’émouvoir qui que ce soit avec leur cas. «Arrangez-vous avec vos petits», semble être la réponse globale de tout un chacun. Au mieux certaines radios proposent-elles de lancer des «appels à la population» pour repérer des logements libres. Certains-es vont même jusqu’à murmurer que, dans le fond, si des pauvres et des gens qui n’ont pas toute leur tête se mettent dans le trouble, c’est quand même pas la faute du gouvernement… Ponce Pilate La Ville de Québec, de son côté, prétend qu’organiser des mesures d’urgence n’est pas dans son mandat. Certains responsables osent même dire que ce n’est pas tant la crise du logement qui est en cause que des problèmes de pauvreté et de santé mentale. Selon la militante, les autorités tentent de marginaliser les personnes qui sont à risque de devenir sans-logis. «Il y a toute sorte de monde dans les ménages qui ont contacté les groupes communautaires: des familles et des personnes seules, des «de souche» et des immigrants-es, des salariés-es et des personnes assistées sociales, bref, c’est un problème généralisé, précise Mme Laflamme. La Ville de Québec est dans le champ quand elle prétend que c’est une question relevant des groupes communautaires ou de la santé et des services sociaux.» À part renvoyer publiquement la balle au gouvernement, la Ville de Québec n’a fait aucune représentation pour que l’État intervienne (alors que d’autres l’ont fait). Passer à autre chose L’intervention gouvernementale a permis d’éviter le pire depuis cinq ans mais le problème n’est pas réglé. Loin de là. Au Québec, plus de 200 000 ménages consacrent plus de la moitié de leurs revenus à se loger. Pour faire face à la musique, il faudrait doubler le nombre de logements sociaux. Pourtant, les autorités sont passées à autre chose et ralentissent la cadence. Lorsque les lettres, les appels et les représentations polies ne donnent plus de résultats, il ne faut pas se surprendre de ce que le mouvement pour le droit au logement passe lui aussi à «autre chose» (voir texte ci-contre)… ==
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