Le 7 mai, dans le cadre de la 34e Semaine de la dignité des personnes assistées sociales, des militants-es des groupes populaires ont manifesté aux bureaux de comté de Sam Hamad, le nouveau ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale et de Gilles Taillon, député adéquiste.

«Les préjugés et le système actuel d’aide sociale sont des barreaux qui emprisonnent dans la pauvreté les personnes assistées sociales. L’aide sociale est un droit! Il faut permettre à l’ensemble des citoyennes et des citoyens de vivre décemment et dignement», a déclaré Jonathan Carmichael de l’Association de défense des droits sociaux (ADDS-QM). Les manifestants-es revendiquaient trois mesures urgentes à l’aide sociale: la fin du détournement des pensions alimentaires, l’indexation complète et annuelle des prestations et la fin des catégories.

Le détournement par le gouvernement des pensions alimentaires versées au bénéfice d’un enfant est une grave entorse au respect de la dignité des familles qui ont droit à l’aide sociale. Pour Marie Auger, militante à ROSE du Nord, «c’est une injustice que la pension alimentaire soit coupée du chèque d’aide sociale. Il est aberrant que des enfants soient soutiens de famille au Québec!»

La non-indexation des prestations d’aide sociale selon la hausse du coût de la vie appauvrit une majorité des personnes assistées sociales et témoigne du mépris affiché par les gouvernements envers le droit à un revenu décent. «Au quinzième jour du mois, il ne me reste plus rien pour manger. Je dois courir les soupes populaires pour assurer ma survie. Et à chaque année, ma prestation d’aide sociale ne suit pas la hausse du coût de la vie. Depuis trois ans, avec la non-indexation de ma prestation, je me suis appauvri de plus de 20$ par mois», a témoigné Robert Foisy, militant à l’ADDS-QM.

Les catégories selon l’aptitude au travail sont une entrave importante à un véritable droit à l’aide sociale. Selon Gabriel Pichette, militant à l’ADDS-QM, «les catégories divisent et créent des préjugés contre les personnes assistées sociales. Tout le monde devrait avoir droit, minimalement, au montant que le gouvernement considère nécessaire aux besoins vitaux, soit 828$.»

Après avoir rencontré Sam Hamad, la soixantaine de militants-es présents-es s’est butée à une porte fermée chez le député Taillon. Le député de Chauveau n’a pas eu le respect et le courage de venir les rencontrer. Rappelons que lors de la dernière campagne électorale, l’ADQ a menacé le droit à l’aide sociale.

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Extrait du numéro de juin 2007 de l'Infobourg

Manifestations chez Sam Hamad et Gilles Taillon - L’aide sociale est un droit!