(M.C.) Le faubourg Saint-Jean-Baptiste : havre de beautés champêtres? Oasis de végétation luxuriante? Certainement!, nous convainc l’artiste-photographe professionnel Étienne Boucher avec l’exposition Jardins secrets du Faubourg, présentée à l’Observatoire de la Capitale jusqu’au 15 octobre.

Une vingtaine de photographies, dix-neuf de cours intérieures et quatre d’ambiance du quartier, illustrent la diversité des aménagements. Portraits d’une nature à l’allure parfois sauvage et exotique ou d’un esthétisme soigneusement recherché. Toujours avec ces tons marécageux et humides de verts et de bleu-gris et un choix brillant de reliefs, d’objets et d’éléments architecturaux.

Au passage, on notera des clins d’œil à l’histoire politique du quartier. Dans ce carré de sable, par exemple, que garnissent des camions de construction miniatures. Le « bulldozage » effréné des années 60, sous la bannière du progrès et de la modernité, laisse encore aujourd’hui un goût amer chez les habitant-es du quartier. Près de la moitié des logements habités ont été détruits, entre 1966 et 1976, pour laisser place à une série de bâtiments bétonnés, comme le Hilton, Place Québec et le complexe G.

Judicieuse ironie, d’ailleurs, que le choix du complexe G pour lancer l’exposition. Du haut du 31e étage, les jardins secrets d’ordinaire invisibles sont faciles à repérer. C’est quand on vit près de ces choses que nous ne les voyons pas. « Mais il n’est jamais trop tard », soulignent Rick et Isabelle dans le cahier des visiteurs.

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, partenaire de l’exposition, ajoute qu’il est toujours temps d’aménager son quartier, même densément peuplé, pour s’assurer une vie résidentielle saine et équilibrée.

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Extrait du numéro d'été 2006 du journal l'Infobourg.

Jardins secrets du faubourg