Par Anthony Cadoret, président du conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste
(Crédit Photo : Anthony Cadoret)
En juin 2024, la Ville de Québec consultait la population dans le but de revisiter ses politiques de stationnement à l’échelle de la ville et des quartiers, notamment à travers le système de vignettes et la signalisation. La Ville était catégorique : le statu quo était inacceptable. Depuis, plus rien.
Cette consultation était très attendue, notamment à cause du projet de rue partagée sur Saint-Olivier où le retrait de cases de stationnement afin de libérer de l’espace pour planter des arbres a fait beaucoup jaser. La consultation était fort intéressante. On y apprenait des statistiques sur le parc de stationnement sur rue : environ 1 750 vignettes vendues pour environ 1 250 stationnements sur rue. Pas surprenant qu’il y ait un manque de places à certains moments.
Dans l’un des quartiers où l’on utilise le plus la mobilité durable et dans celui où il y a le moins d’arbres, il est logique que les réaménagements de rue reflètent cette réalité. Cela dit, personne n’avait anticipé l’opposition qu’allait engendrer le retrait de quelques dizaines de cases de stationnement sur rue. On peut comprendre la peur des automobilistes d’avoir encore plus de problèmes à se stationner, mais c’est un problème pourtant évitable avec une politique de stationnement adaptée.
Absence de nouvelles
Lors de la consultation, on nous dit qu’un plan d’action serait proposé au printemps 2025. Sans nouvelles, le conseil de quartier a relancé la Ville afin de partager notre point de vue sur la politique. On nous offre de nous rencontrer à la rentrée 2025, puis à la fin de l’automne 2025. Finalement, à l’hiver 2026, il ne semble plus y avoir d’échéancier pour ce plan d’action ni d’intérêt à nous rencontrer. Je rappelle que deux ans plus tôt, la Ville soutenait que le statu quo n’était pas une option pour elle !
Régler la pénurie de stationnements et poursuivre le verdissement
Rares sont les enjeux sur lesquels les Villes ont une emprise solide, mais les politiques de stationnement en font partie. Plusieurs leviers sont à notre disposition pour choisir l’état de la situation, car, dans une logique d’offre et de demande où tout est égal par ailleurs, on peut choisir qui profitera des politiques de stationnement. Je suis d’avis que ce sont les personnes qui résident déjà dans le quartier qui doivent en bénéficier.
Actuellement, la Ville fait le choix de laisser tout le monde subir le manque de stationnement en offrant un nombre illimité de vignettes. Ce sont les automobilistes qui reviennent tard le soir qui le subissent le plus, un moment où il manque plus de places. Dans ce statu quo, ce sont aussi les personnes qui voudraient voir plus d’arbres dans le quartier qui doivent faire face à une opposition à chaque projet de rue partagée, pourtant un des seuls moyens de planter des arbres dans notre quartier aux rues étroites.
En implantant un maximum de vignettes vendues, en priorisant la vente aux personnes ayant déjà une vignette et en réduisant le nombre total de vignettes par l’attrition des personnes ne renouvelant pas leur vignette, on pourrait facilement atteindre un équilibre : acheter une vignette signifierait d’avoir une place pour se stationner. Cette mesure a aussi l’avantage d’éviter d’utiliser à outrance l’augmentation du prix de la vignette pour en dissuader l’achat dans un moment où le coût de la vie est plus que préoccupant.
En gardant ainsi le contrôle de l’offre, il serait possible de faire bénéficier tout le monde de la plantation d’arbres sans retirer un privilège aux automobilistes du quartier.
Alors, qu’attend la Ville de Québec ?