Par Mathieu Nicolet

Il y a de cela plusieurs mois, L’infobourg avait poussé un coup de gueule au sujet de certains propriétaires de chiens peu scrupuleux qui faisaient allègrement déféquer leur animal de compagnie dans des aires de jeux pour enfants, et ce en toute impunité. Depuis lors, les choses n’ont pas changé : demander respect, bon sens et civilité était bien trop ambitieux.

Ceci étant, n’accablons pas davantage les propriétaires de ces charmants animaux. La municipalité de Québec a aussi sa part de responsabilité. Incapable de faire respecter les règlements en vigueur, l’administration en place n’a plus besoin de prouver qu’elle se fiche toujours autant de la plèbe du quartier, mue par le leitmotiv que l’intérêt individuel prime toujours sur l’intérêt collectif (la saga estivale du piano de la rue Saint-Jean en est une preuve parmi d’autres).

Il faut dire qu’elle n’aide personne, et encore moins elle-même. Preuve en est la situation suivante : au niveau du règlement R.V.Q. 1059 sur les animaux domestiques, il est stipulé noir sur blanc à l’article 13 alinéa 7 qu’un animal domestique « constitue une nuisance s’il se trouve dans une aire de jeux ou à moins de deux mètres d’une aire de jeux extérieure non clôturée, qu’il soit ou non en laisse et qu’il soit ou non accompagné de son gardien ». Toujours selon le même règlement, une aire de jeux est définie comme étant « la partie d’un terrain, accessible au public, occupé par un équipement destiné à l’amusement des enfants, tel qu’une balançoire, une glissoire, un trapèze, un carré de sable, une piscine ou une pataugeoire ». Voilà pour ce qui est de la théorie.

En pratique, prenons l’exemple du parc Scott. Puisqu’il s’agit d’une aire de jeux clôturée, aucun animal domestique ne devrait y être toléré « à l’intérieur » même du parc. Seulement voilà, les brillants esprits qui sévissent à la Ville de Québec ont réussi l’exploit d’installer un affichage en complète contradiction avec le règlement mentionné ci-dessus. On y voit notamment de jolis symboles entourés chacun d’un rond vert suggérant que les chiens sont autorisés dans le parc et qui leur est même permis de s’y soulager. De plus, il est même indiqué que les chiens doivent être tenus en laisse. Du grand art.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Dans le parc Richelieu, un support contenant des petits sacs a même été installé afin que les propriétaires de chiens puissent ramasser les crottes de Médor – s’il daignent le faire bien entendu. Et comme chacun le sait, les déjections liquides se ramassent très facilement de cette façon.

Faire preuve de cohérence est donc trop demandé pour les pontes de la bureaucratie municipale. En attendant de déterminer laquelle des deux versions fait foi, il ne reste qu’à espérer naïvement que les responsables corrigent le tir au plus vite, c’est-à-dire avant la prochaine ère glaciaire.

Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais