Par Marie-Ève Duchesne

C’est le 5 novembre prochain que se déroulera le scrutin afin de déterminer qui sera le prochain maire ou la prochaine mairesse ainsi que les conseillers et conseillères pour la Ville de Québec. L’Infobourg a décidé de rencontrer les candidats et candidates pour le district Cap-aux-Diamants afin de voir leurs réponses aux préoccupations du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

Plusieurs revendications pour le Compop

On le sait, plusieurs dossiers portés par le Comité populaire concernent le municipal. En ce qui a trait au logement, l’idée de voir apparaître du logement social dans le faubourg ne pourra se faire sans une réelle volonté politique. Un pourcentage d’inclusion de 30 % dans tous les nouveaux projets de développement et une réserve de terrains de la part de la Ville seraient déjà un bon début pour s’assurer que tout le monde ait sa place dans le quartier, peu importe son revenu.

Les groupes membres du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), dont le Compop, revendiquent un règlement d’inclusion obligatoire de 30 % de logements sociaux dans les développements immobiliers le moindrement importants sur des sites privés à Québec. Cette politique pourrait prendre la forme d’un zonage d’inclusion.

Pourquoi 30 % ? Cette cible a été fixée à l’origine par le conseil de quartier Saint-Roch pour garantir la mixité sociale atteinte dans ce quartier. Elle a depuis été reprise un peu partout sur le territoire de la ville. Il s’agit d’un juste milieu entre la proportion historique de logements sociaux dans les quartiers centraux et les besoins rencontrés sur le terrain. Cette cible est juste assez ambitieuse pour maintenir l’équilibre au centre-ville et répondre aux besoins des anciennes villes de banlieues.

De plus, dans un contexte de rareté, les terrains et immeubles de propriété publique qui changent de vocation ne doivent pas être cédés au privé. Les groupes membres du FRAPRU revendiquent la création d’une banque de terrains dédiée au développement du logement social.

Toujours concernant le parc locatif, le Compop a plus d’une fois tiré la sonnette d’alarme sur la perte de logements locatifs et la détérioration du tissu social causé par l’hôtellerie illégale de type Airbnb.

Le terrain de l’ancien Patro Saint-Vincent-de-Paul attire aussi l’attention du Compop. Cette lutte qui dure depuis plus de vingt ans n’est toujours pas terminée puisque le terrain appartenant à Jacques Robitaille est toujours vacant. Rappelons que le Compop avait procédé à un sondage dans les dernières années récoltant un appui fort pour un projet de parc, de logement social et de jardin sur ce terrain.

Un jardin communautaire est aussi l’un des enjeux du quartier. Depuis déjà quatre étés, le Jardin populaire du Faubourg participe au verdissement en aménageant un jardin collectif en pots en attendant d’avoir le terrain convoité pour devenir un vrai jardin communautaire.

La question de la mobilité durable touche aussi les membres du Compop. Le Compop a déposé il y a un peu plus d’un an son deuxième projet de rue partagée touchant les rues des Zouaves, du Marché-Berthelot et De La Chevrotière. Le principe de rue partagée a pour objectif de diminuer la vitesse de la circulation automobile tout en rendant l’espace plus convivial et sécuritaire pour les personnes qui utilisent les transports actifs. L’objectif caché de ce genre de projet est aussi de tenter de diminuer la circulation de transit dans le quartier. Une campagne pour diminuer la vitesse à 30 km/h pour l’ensemble du faubourg est aussi prévue pour l’automne.

Finalement, le Compop et plusieurs autres groupes alliés sont préoccupés par le droit de manifester. Depuis l’adoption de certains règlements venant encadrer le droit de manifester (par exemple l’obtention de l’itinéraire, et ce, pour tout type d’attroupement), plusieurs conséquences inquiétantes concernant ce droit ont été vécues par les groupes organisant des actions politiques. En effet, dans les cinq dernières années, l’article 19.2 a été utilisé par les forces de l’ordre comme s’il était un régime d’autorisation imposant aux gens mobilisés de marcher sur le trottoir, imposant des itinéraires autres que ceux prévus par les organisatrices et organisateurs et menaçant de donner des contraventions en vertu de l’article 19.2, cela malgré que les manifestantes et manifestants aient respecté le règlement.

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