Par Pascaline Lamare

La riche programmation avait de quoi réjouir un public diversifié, amateur d’histoire populaire, de musique, d’improvisation, et de tout ce qui fait la richesse humaine d’un quartier. L’occasion pour chacun de se souvenir des luttes passées, de toutes celles qu’il reste à mener et de se nourrir le corps et l’esprit. Quarante ans déjà ? Quarante ans seulement, et assez d’objectifs pour en tenir quarante autres.

La semaine a débuté au parc Berthelot avec la projection d’un vox pop et d’extraits de films sur le mouvement Saint-Gabriel et le squat de la Chevrotière. Le tout, après une épluchette de blé d’Inde, dont l’eau avait décidé d’être aussi contestataire que le Compop, refusant un bon moment de bouillir. L’événement familial fut fort apprécié des jeunes estomacs.

Le lendemain fut un peu plus sérieux et intime, avec un panel autour des enjeux actuels du quartier, notamment en matière de mobilité durable (avec Étienne Grandmont d’Accès Transports Viables), d’urbanisme (avec Marc Boutin) et d’agriculture urbaine (avec Valérie Dumais). L’occasion d’échanger entre citoyennes et citoyens passionnés sur les meilleures façons de se réapproprier la ville et de la ramener à la hauteur de chacun et chacune.

Parce qu’il faut aussi savoir rire de tout, la Ninkasi était pleine pour la soirée d’improvisation qui se tenait le mercredi, en collaboration avec la VIE – improvisation éclatée. Les deux équipes s’affrontaient notamment sur des thèmes chers au Compop, comme le logement. Les rires se sont poursuivis le lendemain, lors du souper des retrouvailles, où toutes les personnes impliquées dans le Comité Populaire au cours des dernières années se sont retrouvées autour de bien trop de lasagne, et de petits gâteaux, et juste ce qu’il fallait de boissons plus ou moins alcoolisées. La soirée fut l’occasion pour certains de prendre la parole sur leurs années de militance, pour d’autres de danser et de se déhancher, et pour tous d’apprécier les musiciens qui ont animé la soirée, comme Raphaël Lapierre et Simon Carrier, Audrey Fréchette, ainsi que le groupe de musique klezmer Sainte-Nigoune.

Profitant d’un soleil magnifique et après un vendredi de repos bien mérité, environ 25 personnes se sont mises en marche le samedi pour se replonger dans des luttes urbaines du faubourg, racontées par celles et ceux qui les ont vécues ; de la laïcité à l’école Saint-Jean-Baptiste et au Patro Saint-Vincent-de-Paul, en passant par le Sommet des Amériques, le squat de la Chevrotière et le Passage de la Résistance, tant les luttes victorieuses que les défaites sont inscrites dans la trame urbaine de Saint-Jean-Baptiste. Pour ceux et celles intéressés par l’histoire, nous vous rappelons que le contenu de ce rallye est disponible sur le site www.unehistoirepopulaire.net.

La semaine s’est conclue en musique, avec un concert spécial, organisé par les Rendez-vous classiques, du jeune violoniste William Foy, qui a notamment offert au public du Bach et du Debussy.

Nul doute que le Compop a encore plusieurs batailles à mener pour améliorer la vie du faubourg. On se retrouve dans dix ans, pour une autre semaine de célébrations ?

Quarantième du Compop : une semaine de festivités