Par Vincent Baillargeon
Crédit photo : Nicolas Lefebvre Legault

Le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur et le Comité logement d’aide aux locataires ont participé activement le 22 mai dernier à une série d’actions régionales initiée par leur regroupement national : le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Les trois groupes membres du FRAPRU, ainsi que quelques dizaines de militantes et militants, ont occupé durant plus de quatre heures une maison militaire dans l’arrondissement de Sainte-Foy. Rappelons que la plupart de ces maisons sont vides depuis plusieurs années. La présence d’un rassemblement d’appui et de la fanfare anarchiste intergalactique Tint(a)nar, ainsi que l’organisation d’un barbecue ont su égayer la journée des personnes présentes.

Les prochains mois seront décisifs pour les logements sociaux. Au fédéral, le ministre Duclos a promis une stratégie sur le logement pour l’automne alors qu’au niveau provincial, le ministre responsable de la Société d’habitation du Québec, Martin Coiteux, poursuit la révision de ses approches en habitation.

Marie-Ève Duchesne, porte-parole des groupes membres du FRAPRU à Québec, a souligné que « les budgets déposés en mars 2017 à Ottawa et à Québec contiennent des investissements plus importants que dans les années passées, mais, même cumulés, ils ne se traduiront que par 3 000 nouveaux logements sociaux pour tout le Québec en 2017- 2018 ». Elle a aussi rappelé que « dans le meilleur des cas, on ne pourra en réaliser que 450 à Québec. C’est nettement insuffisant pour les 18 480 ménages locataires qui paient actuellement plus de la moitié de leur revenu pour se loger, dont 3 110 dans Sainte-Foy/Sillery ».

Du côté d’Ottawa, les sommes de 255 millions $ accordées aux provinces à partir de 2019-2020 pour une panoplie d’initiatives en logement sont à peine plus élevées que sous les Conservateurs. Quant au nouveau Fonds national de 5 milliards $, le budget Morneau n’a pas précisé de quelles manières il pourra être utilisé, sinon que ce sera sur un horizon de onze ans.

Le FRAPRU et ses membres revendiquent que la Stratégie canadienne reconnaisse formellement le droit au logement, assure le financement massif et à la hauteur des besoins de nouveaux logements sociaux et confirme sans plus tarder la poursuite des subventions à long terme versées aux locataires à faible revenu qui habitent dans les logements sociaux qu’Ottawa a participé à réaliser avant 1994. Les groupes logement réclament également qu’avec la contribution du fédéral, Québec finance la construction de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans.

Montréal

À Montréal, des occupations de bâtiments, des rassemblements et des manifestations ont eu lieu durant la semaine du 22 mai. Parallèlement, le FRAPRU a dénoncé l'intervention policière sans « avis au préalable » et s'est inquiété « particulièrement pour les personnes en situation d'handicap, les personnes âgées et les jeunes enfants pris en souricière à l'intérieur » de l'ancien hôpital de la Miséricorde, qui appartient au gouvernement du Québec.

Mobilisation à travers le Québec

Les actions du FRAPRU ont également eu lieu dans d’autres régions. En Montérégie, des dizaines de personnes ont marché dans les rues de Beauharnois puis se sont installées en début d’après-midi sur un terrain du centre-ville. À Sherbrooke, en Abitibi-Témiscamingue et au Bas-Saint-Laurent, des occupations de terrains vacants et des ateliers d’éducation populaire ont eu lieu. De plus, les militants et militantes de Rimouski ont tenu une manifestation qui a perturbé le centre-ville. Toutes les actions avaient pour thème « Pour du logement social, ici ».

Le logement, un droit : occupation de terrains et de bâtiments