Par Yves Gauthier

On a recours à la consultation publique pour permettre aux décideurEs de faire des choix éclairés, selon les désirs exprimés par les personnes directement concernées, lors d’assemblées convoquées spécialement à cet effet. Le problème de circulation de transit sur la rue D’Aiguillon en est un bon exemple. Mais un danger nous guette: celui de ridiculiser l’exercice démocratique des consultations publiques.

En effet, après des mois et des mois de demandes auprès de la Division des transports de la Ville de Québec, une proposition pour améliorer la circulation automobile sur la rue D’Aiguillon a finalement été présentée aux gens lors d’une consultation publique. Le responsable, délégué par la Ville, a expliqué les tenants et les aboutissants de la proposition. Une trentaine de citoyenNEs parmi les quelque soixante-quinze présentEs se sont expriméEs. Il était évident que la grande majorité de l’assemblée était en faveur de la proposition, qui a d’ailleurs reçu l’appui unanime des membres du conseil d’administration du Conseil de quartier. La recommandation a donc été soumise au Conseil d’arrondissement pour que les changements proposés soient mis en place.

Les gens d’affaires n’étaient et ne sont toujours pas d’accord avec cette proposition, convaincus que l’affluence dans leurs commerces va en souffrir. Une pétition a donc été signée par cent dix d’entre eux et elles pour modifier la proposition selon des critères qui leur conviennent. Si cela se produisait, ce serait une cinglante gifle au visage de la démocratie participative, au principe de consultation publique ainsi qu’au Conseil de quartier et à son conseil d’administration.

La Ville de Québec a manifesté son intention d’intégrer les citoyenNEs dans la prise de décision. C’est ainsi que depuis 1993, un Conseil de quartier est à l’œuvre dans le Faubourg Saint-Jean-Baptiste. Cette préoccupation de recueillir les opinions des résidentEs en amont de la prise de décision, principalement en ce qui a trait aux services de proximité, est la bienvenue. Les citoyenNEs ont ainsi la chance de prendre une part active aux enjeux qui les concernent au lieu de se résigner à ce que les décisions reviennent à des employéEs municipaux non-imputables ou à des éluEs choisiEs tous les quatre ans.

Pour éviter tout malentendu, lorsqu’il y a consultation publique, les personnes dans la salle devraient pouvoir voter la ou les propositions présentées à main levée et les membres du conseil d’administration s’engager moralement à défendre le choix de la majorité afin que tout le monde sache que le processus démocratique doit avoir préséance sur les intérêts individuels ou corporatistes. Une proposition sera d’ailleurs présentée en ce sens par le Comité populaire SJB, lors de la prochaine assemblée générale du Conseil de quartier qui se tiendra le 23 mars, au sous-sol de l’église Saint-Jean-Baptiste à compter de 19 h 30.

Tel que le répète souvent le président du Conseil de quartier SJB, la vie sociale s’articule autour du bien commun, des droits fondamentaux et de la démocratie. Tous ceux et celles qui ont à cœur la vie démocratique du quartier doivent faire entendre leur voix, car il y a péril en la demeure.

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Extrait du numéro d'avril 2005 du journal l'Infobourg.

Consultations publiques : Vox populi, vox dei? Pas sûr…