Crédit photo : FRAPRU

(La rédaction) Une centaine de membres du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) de différentes régions ont bloqué pendant plus de 2 heures le ministère des Finances, à Québec. À quelques semaines du budget, le regroupement national de défense du droit au logement demande au ministre des Finances, Carlos Leitão, d’augmenter substantiellement les investissements dans de nouveaux logements sociaux, mettant ainsi fin aux coupes qu’il a effectuées dans le programme AccèsLogis, depuis deux ans.

« Québec ne finance que 1 500 nouveaux logements sociaux par an, soit deux fois moins qu’avant 2015, ce qui était déjà largement insuffisant », dénonce Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. « Pendant ce temps, 270 300 ménages locataires québécois ont des besoins impérieux de logement. À ce rythme-là, ça va prendre plus de 180 ans pour développer suffisamment de logements pour tous ces ménages », s’indigne-t-elle. Afin de répondre aux besoins les plus pressants, l’organisme revendique le développement de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans.

Selon le FRAPRU, le ministre des Finances doit respecter le large consensus qui s’est dégagé de la tournée de consultations sur ses futures interventions en habitation, menée durant tout l’automne. La très grande majorité des intervenantes et intervenants ainsi que des locataires qui y ont pris part ont réclamé la préservation, l’amélioration et la bonification d’AccèsLogis, le seul programme de financement de nouveaux logements sociaux au Québec. La porte-parole du FRAPRU rappelle aussi qu’un programme comme AccèsLogis a de surcroît d’importantes retombées économiques en étant créateur d’emplois.

Le FRAPRU s’insurge contre les choix budgétaires faits en habitation par le gouvernement Couillard. Selon madame Laflamme, « Québec dépense énormément dans des mesures fiscales qui profitent en grande partie aux mieux nantis». Même s’il ne préconise pas son abolition complète, l’organisme compare notamment l’exemption de capital sur la vente de résidence principale, qui a coûté quelques 1 407 milliards $ à l’État québécois en 2015, aux maigres investissements consacrés au logement social durant la même année. « Il s’agit de presque trois fois plus que ce qui a été consacré au logement social », précise madame Laflamme.

« Chose certaine, avec le surplus de 1,7 milliard $ qu’il a constaté en décembre, le ministre Leitão n’a absolument aucune raison de ne pas réinvestir massivement dans le développement du logement social ; et on ne se contentera pas de moins », conclut la porte-parole du FRAPRU.

Blocage au ministère des Finances pour sauver AccèsLogis