Québec, le 11 janvier 2017 - Au moment où débute la période de pointe de reconduction des baux, le Bureau d’animation et information logement du Québec métropolitain (BAIL), le Comité des citoyen-ne-s du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), le Comité logement d’aide aux locataires (CLAL) et le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste ont uni leur voix ce matin afin de procéder au lancement d’une campagne d’éducation populaire s’adressant aux locataires. Cette campagne vise à les informer et à les encourager à refuser les hausses abusives de loyer. Pour l’occasion, des militant-e-s pour le droit au logement se sont rassemblé-e-s pour une action de visibilité au coin des rues Dorchester et Saint-Joseph Est, dans le quartier Saint-Roch.

Flambée des loyers dans la région
« La hausse des loyers continue d’être salée à Québec puisque les propriétaires immobiliers, attirés par l’appât du gain, refilent des augmentations abusives à leurs locataires », affirme Jonathan Carmichael, organisateur communautaire au BAIL. Selon les données de la SCHL, Québec est la région de la province où le loyer moyen sont les plus chers. Depuis dix ans, le loyer moyen de tous les logements dans la région métropolitaine de recensement de Québec a augmenté de 26 %, une hausse d’environ deux à trois fois supérieure à celle autorisée par la Régie du logement.

La situation est particulièrement préoccupante dans certaines catégories de logement et dans certains secteurs de la Ville. Dans le secteur de la Basse-ville, le coût d’un studio a augmenté de 32,3 % ces dix dernières années. En Haute-ville, le prix des grands logements de trois chambres et plus a crû de 37,5 %. À Sainte-Foy / Sillery, pour un logement de deux chambres, les locataires doivent débourser 49,3 % de plus pour se loger.

Conséquences pour les locataires
Pour les locataires, ces augmentations de loyer contribuent à précariser leur situation. Les ménages en situation de pauvreté sont particulièrement affectés. Avec un loyer qui augmente plus rapidement que leur revenu, il devient impossible de joindre les deux bouts. « Dans un quartier comme Saint-Sauveur, où le tiers de la population consacre déjà plus de 30 % de leur revenu au logement, une hausse du loyer peut contraindre les locataires à choisir entre manger adéquatement et se loger », rappelle Luc Leblanc, militant au CCCQSS.

Refuser l’augmentation, un droit méconnu
Dans le système actuel entourant le renouvellement des baux, refuser l’augmentation de loyer demandée par le propriétaire est la seule façon d’empêcher les hausses abusives. « Un grand nombre de locataires ne savent pas qu’ils ont le droit de refuser une augmentation de loyer ou ignorent comment évaluer si la hausse demandée est exagérée », souligne Cheryl Ann Dagenais, coordonnatrice au CLAL. Dans un contexte où la Ville de Québec a annoncé un gel des taxes foncières, ce qui devrait donner un répit aux locataires puisque la variation des taxes leur est entièrement refilée par l’entremise de la hausse de loyer, il leur est doublement important d’être vigilantes et vigilants face à la demande de leur propriétaire.

Une campagne d’éducation populaire
Par cette campagne d’éducation populaire, les quatre groupes populaires espèrent rejoindre un maximum de locataires afin de les informer de leurs droits. Pour ce faire, « il est essentiel d’effectuer un travail de proximité, directement dans les quartiers, auprès des locataires », croit Marie-Ève Duchesne, permanente au Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. Dans les prochaines semaines, dans les différents quartiers de Québec, des milliers de dépliants seront distribués au porte-à-porte ou devant des commerces. À partir du 30 janvier, plusieurs ateliers d’information sur la reconduction du bail seront offerts aux locataires à différents endroits sur le territoire de Québec. Enfin, le 2 février, une action pour le contrôle universel et obligatoire des loyers sera organisée à Québec.

Quatre groupes populaires unissent leur voix contre les hausses de loyer