Par Pascaline Lamare

La pharmacie Jean-Coutu située à l'angle des rues Saint-Jean et Salaberry a fermé ses portes le 8 novembre dernier. Bien que proposant peu de produits annexes que l'on retrouve publicisés dans les circulaires de l'enseigne, et étant ouverte uniquement du lundi au vendredi, l'officine permettait de servir une population peu mobile qui a besoin de services de proximité.

Située au rez-de-chaussée de la Seigneurie de Salaberry, qui compte près de 150 appartements pour personnes âgées autonomes et semi-autonomes, et presque en face du CLSC, elle offrait ainsi des services de préparation de piluliers ou de seringues à insuline. Si des mesures de transition ont été prises concernant la médication, à moyen et à long termes, c'est un service essentiel qui disparaît dans un secteur du quartier où la population est vieillissante, et où un accompagnement « en personne » peut souvent anticiper bien des problèmes. Cette succursale servait aussi de « dépanneur » à de nombreuses personnes résidant ou travaillant aux alentours, et offrait des services de photocopies, fax ou photographies pour cartes d'assurance maladie ou passeports.

Les pharmacies les plus proches se trouvent à 400 mètres de là, en remontant par Salaberry ou Cartier, sur René-Lévesque. Une marche qui peut sembler longue quand on est moins mobile, ou tout simplement pénible en hiver quand les trottoirs sont mal déneigés. L'autre pharmacie du faubourg est située au 698, rue Saint-Jean, qui se trouve à 800 mètres de là. À noter : les propriétaires de feue la succursale, Simon Desmarquis et Philippe Nadeau, sont également propriétaires de la pharmacie Jean-Coutu qui se trouve dans le Vieux-Québec, au 1048, rue Saint-Jean, ainsi que celle qui se trouve au 110, boulevard René-Lévesque, ce qui n'est sans doute pas étranger à la décision de fermer cette officine, considérant l'offre globale et les bénéfices probables des deux autres succursales. Ceci étant, si au Québec on compte en moyenne 2,2 pharmacies pour
10 000 habitants, force est de constater que le quartier Saint-Jean-Baptiste, avec ses quelque 9 000 habitants, n'atteint plus ce ratio.

Une fermeture d’autant plus inquiétante en terme de santé publique que l’accès à certains soins se réduit également : les prélèvements ne seront ainsi plus effectués au CLSC Haute-Ville d’ici la fin décembre. Le centre a en effet été jumelé avec celui de l'Hôpital Christ-Roi, sur Hamel, dans le cadre de la réorganisation opérée par le CIUSSS. Les patients et patientes auront donc le « choix » de se rendre au Jeffery Hale, au CLSC Basse-Ville (tout en bas de… la côte Salaberry, idéale pour les piétons et piétonnes comme chacun sait) ou à Christ-Roi.

Il convient également de s’interroger sur la future utilisation de ce lieu, à l’heure où de nombreux locaux de la rue Saint-Jean sont vacants, peu importe leur taille, et dans le contexte du réaménagement à venir du carrefour attenant qui doit commencer en 2017.

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Extrait de l'édition de décembre 2016 du journal l'Infobourg

Il ne reste plus qu'une pharmacie dans le quartier