Un exemple de campagne de sensibilisation d'Accès transports viables. Photo : courtoisie

Par Nicolas Lefebvre Legault

Bien que ne portant le nom d’Accès transports viables que depuis 2003, l’organisme de défense des droits des utilisateurs et utilisatrices des transports collectifs et actifs de la région de Québec a eu 25 ans cet automne.

Une naissance difficile

Le Comité régional des usagers du transport en commun (CRUTEC, le premier nom d’Accès transports viables) a été relancé en octobre 1991, en pleine réforme Ryan. Cette année-là, le gouvernement libéral, sous couvert de décentralisation, se retire du financement du transport en commun. Le manque à gagner pour les municipalités est énorme : 250 M $. À Québec, cela se traduit notamment par des hausses de tarif et l’abandon, l'année suivante, de la gratuité pour les personnes aînées.

Pour y faire face, les utilisateurs et les utilisatrices se regroupent en comité. Le 7 octobre 1991 la renaissance du CRUTEC est annoncée en conférence de presse. Des manifestations et des opérations de sensibilisation sont organisées tout l’automne, et une pétition est lancée. On dénonce les coupures ainsi que l’incohérence gouvernementale en matière de transport, comme les stationnements subventionnés au Complexe G. Rien n’y fait.

Tout au long des années 1990, les moyens d’action du CRUTEC restent ceux d’un groupe populaire assez classique. On se mobilise au gré des hausses de tarifs et on revendique chaque année un meilleur financement du transport en commun. Sans grand résultat, il faut le dire. En avril 1999, par exemple, le CRUTEC dénonce le fait qu’il n’y a pas d’engagement ferme à augmenter l’utilisation du transport en commun dans la politique de l’environnement de la Ville de Québec (pourtant alors gouvernée par le Rassemblement populaire).

Élargissement des horizons

Sans délaisser la question de la tarification et du financement du transport en commun, le CRUTEC commence à élargir sensiblement ses horizons au tournant des années 2000. L’organisme s’intéresse plus globalement à la question des transports dans la ville et donc, de plus en plus, à l’aménagement urbain. On s’intéresse notamment à la place du vélo, au sort des piétons et à l’impact de la circulation automobile sur l'environnement. Et on parle de plus en plus d’un grand projet pour relancer le transport en commun à Québec : un tramway. Une coalition est mise sur pied à ce sujet en 2006.

En parallèle, le CRUTEC, devenu Accès transports viables en 2003, raffine ses analyses et prend de plus en plus un rôle d’expert conseil. L’organisme siège sur de nombreux comités, transmet moult mémoires et est de plus en plus présent sur la place publique et dans les médias. Une vision globale du transport se développe à Québec et Accès transports viables en est le plus actif promoteur. Sans délaisser sa mission de défense de droits, l’organisme écologiste vise de plus en plus à promouvoir les modes de déplacement viables et durables.


Extrait de la mission d'Accès transport viables

« Accès transports viables est un organisme à but non lucratif regroupant les utilisateurs, les utilisatrices et les organisations socioéconomiques préoccupés par l’avenir de la mobilité dans la région métropolitaine de Québec.

La mission principale d’Accès transports viables est de promouvoir les modes de déplacement viables et de défendre les droits des utilisateurs et utilisatrices des transports collectifs (transport en commun, covoiturage, autopartage) et actifs (marche, vélo) dans la région de Québec. (...) »

Source : http://transportsviables.org

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Extrait du numéro de décembre 2016 du journal l'Infobourg

Accès transports viables a 25 ans