Par Agathe Légaré

« Au meilleur de leur connaissance », quelque 58 % des adultes québécois estiment qu’ils consacrent, chaque mois, plus de 30 % de leur revenu familial à leur habitation. Ces 58 % de gens qui en arrachent sont surtout des locataires, âgés de 35 à 44 ans, vivant dans la région de Montréal, ayant des enfants et/ou des revenus familiaux inférieurs à 25 000 $.

Malgré tout, 71 % affirment que les revenus restants leur permettent de subvenir aux autres besoins de leur ménage entièrement ou suffisamment.

Ces données surprenantes proviennent d’un sondage téléphonique réalisé par la firme SOM, du 9 octobre au 7 novembre 2015, auprès de 1 202 personnes. C’est la Société d’habitation du Québec qui avait commandité le sondage afin d’alimenter la prochaine planification stratégique de ses activités.

Le rapport final du sondage s’intitule Perceptions et tendances en habitation au Québec. La firme a obtenu un taux de réponse de 66,7 %, avec une marge d’erreur maximale de plus ou moins 3,9 % et un niveau de confiance de 95 %. SOM ne s’aventure pas loin dans l’explication des résultats, mais son rapport final se révèle assez facile à lire.

Voici quelques autres données intéressantes.

Quelque 32 % des répondantes et répondants prévoient déménager dans les cinq prochaines années. Ce sont surtout les locataires, les 18-34 ans et les gens de la région de Montréal. Lors du prochain déménagement, 41 % des locataires actuels prévoient devenir propriétaires pendant que 59 % demeureront locataires. On déménage surtout pour avoir un meilleur environnement ainsi qu’un logement d’une grandeur plus appropriée. La maison unifamiliale détachée demeure le type d’habitation le plus prisé des répondantes et répondants qui prévoient déménager.

Par ailleurs, les gens estiment que les principaux défis en matière d’habitation au Québec sont le vieillissement de la population et la capacité financière des ménages à se loger. Viennent ensuite, loin derrière, la survie des villages, l’efficacité énergétique et la préservation du patrimoine des bâtiments.

Les personnes sondées ont répondu aussi à des questions sur le rôle de l’État et la responsabilité envers les plus démunis (voir l’encadré).


« Oui » majoritaire à l’intervention du gouvernement dans diverses sphères de l’habitation

Par Agathe Légaré

Au moins les trois quarts des répondantes et répondants au sondage SOM se sont dits « d’accord » pour que le gouvernement du Québec réalise des actions précises en matière de logement. Voici les actions et le pourcentage d’approbation pour chacune :

Soutenir les ménages dont la résidence est touchée par un sinistre ou une catastrophe naturelle : D’accord (82 %)

Soutenir financièrement les ménages à faible revenu à rénover ou à adapter leur résidence pour la rendre plus sécuritaire ou salubre (moisissure, électricité, fondations) : D’accord (77 %)

Soutenir financièrement les ménages à faible revenu pour se loger (aide gouvernementale pour le paiement du loyer): D’accord (75 %)

Financer les propriétaires immobiliers pour qu’ils adaptent certains de leurs logements pour des clientèles particulières, comme les personnes en perte d’autonomie, les personnes handicapées, etc. : D’accord (75 %)

Faciliter l’accès à la propriété pour les premiers acheteurs : D’accord (74 %)

Financer la construction de logements locatifs à coût abordable : D’accord (74 %)

SOM constate que les propriétaires, les répondantes et répondants de la région métropolitaine de Québec et les hommes sont les moins favorables à de telles mesures gouvernementales.

Enfin, et ce n’est pas la moindre des questions, les sondeurs ont demandé aux répondantes et répondants, qui, selon eux, devrait être responsable de loger les personnes démunies ou les personnes ayant des besoins particuliers: Le gouvernement ? Les municipalités ? Les personnes concernées elles-mêmes ? Toutes ces réponses ?

Quelque 70 % des répondantes et répondants ont affirmé que la responsabilité de loger les démunis doit être partagée entre le gouvernement, les municipalités et les personnes concernées elles-mêmes. Les locataires, surtout de Montréal, sont proportionnellement plus nombreux à vouloir confier cette responsabilité au seul gouvernement. 9 % des répondants et répondantes, surtout des locataires de la région de Québec, des hommes et des gens au revenu familial élevé, ont affirmé que les démunis étaient les seuls responsables de leur situation (et devraient se débrouiller seuls).

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Vous pouvez obtenir un exemplaire gratuit des résultats du sondage à l’adresse suivante :
http://www.habitation.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/publications/0000024...

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Extrait de l'édition de juillet 2016 du journal l'Infobourg

Sondage SOM sur les perceptions à l’égard de l’habitation