Des candidat-e-s de Québec débattent de ces questions


Souvenir fugace des élections de 2003...

Le 23 août dernier, le Regroupement pour l’aide aux itinérantes et aux itinérants de Québec (RAIIQ) organisait au Tam-Tam Café un débat entre les candidat-e-s des principales formations politiques sur le thème de la pauvreté, du logement et de l’itinérance.

Deux candidat-e-s du comté de Taschereau, Serge Roy (Québec solidaire) et Catherine Dorion (Option nationale), ont répondu à l’appel, de même que Pierre Châteauvert, candidat du Parti québecois dans le comté de Jean-Lesage. Comme il fallait s’y attendre, le Parti libéral et la CAQ brillaient par leur absence, tout comme les représentants des médias (hormis CKRL qui retransmettait le débat en direct sur ses ondes).

Chaque parti politique y est allé d’engagements sur les questions soumises au débat. Alors que Serge Roy a repris plusieurs grandes revendications portées par les mouvements sociaux (construction de 50 000 logements sociaux en 5 ans, instauration d’un registre des baux, adoption d’une politique en itinérance, etc.), Pierre Châteauvert a pris l’engagement qu’un gouvernement du Parti québecois construirait 3000 logements sociaux par année (dont 500 par année dans la région de Québec) et adopterait lui aussi une politique en itinérance. Pour sa part, Catherine Dorion est restée plutôt évasive sur ces enjeux, renvoyant les solutions à la crise du logement et à la lutte contre la pauvreté à la question nationale.

La répression policière et la judiciarisation des personnes itinérantes ont également occupé une grande partie du débat, chacun y allant de ses préoccupations et de ses expériences.

On peut retenir trois choses de ces échanges.

La première, c’est que les questions sociales n’intéressent ni les partis les plus à droite, ni les mass-médias de Québec.

La deuxième, c’est la différence d’approche entre les candidats de Québec solidaire et du Parti québécois en matière de lutte à la pauvreté. Alors que Serge Roy insistait beaucoup sur l’adoption de politiques gouvernementales progressistes (passant notamment par la reconnaissance du droit au logement et du droit de cité), Pierre Châteauvert parlait davantage de concertation entre les organismes communautaires de Québec, le milieu des affaires, les syndicats et les divers paliers de gouvernement, de même que sur le développement «d’une culture du bénévolat» au Québec. Il a également parlé du travail de plusieurs organismes communautaires de son comté, contrairement aux deux autres candidats qui sont intervenus de façon plus globale.

La troisième, c’est que la candidate d’Option nationale semblait très mal préparée pour débattre de ces questions avec les représentants des deux autres formations politiques. Toutefois, sa spontanéité tranchait avec le côté très « partisan » du discours tenu par ses « collègues » de QS et du PQ . Il lui revient d’avoir insisté sur la nécessaire politisation des sans-voix, des sans-droits et des sans-logis afin de découvrir et d’exercer leur pouvoir… avec ou sans les urnes (aurions-nous envie d’ajouter!).

==
Extrait du no 93 de la Lettre du compop (exceptionnellement, faut d'Infobourg à court terme, nous publions sur notre site des articles de notre bulletin de liaison interne).

Logement, pauvreté, itinérance