Par Agathe Légaré

La Fabrique de la paroisse Saint-Jean-Baptiste doit trouver d’ici 2020 plus de trois millions de dollars pour conserver et restaurer la vieille église Saint-Jean-Baptiste. Avec l’aval du diocèse, la corporation Ekklésia propose de transformer l’arrière de la nef en une immense salle polyvalente qui pourrait accueillir des congressistes et des gens d’affaires de l’extérieur de la ville de Québec.

La Fabrique de la paroisse Saint-Jean-Baptiste doit trouver d’ici 2020 plus de trois millions de dollars pour conserver et restaurer la vieille église Saint-Jean-Baptiste. Avec l’aval du diocèse, la corporation Ekklésia propose de transformer l’arrière de la nef en une immense salle polyvalente qui pourrait accueillir des congressistes et des gens d’affaires de l’extérieur de la ville de Québec.

Oui, l’église Saint-Jean-Baptiste a des difficultés financières. Au 31 décembre 2011, les états financiers de la paroisse affichaient un déficit de 205 065 $.

Ce n’est pas énorme, cela peut se résorber à la condition de trouver d’autres sources de revenus. L’arrivée d’argent additionnel urge d’autant plus que d’importants travaux de rénovation s’imposent pour sauver l’édifice même de l’église, vieux de 126 ans.

Des travaux de restauration de 10 millions d’ici 2020

L’abbé Pierre Gingras, curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, énumère les travaux suivants : il faut solidifier les fondations le long de la rue Saint-Jean, refaire la fenestration extérieure, démonter, nettoyer et remonter les vitraux, replâtrer la voute au-dessus du maître-autel, restaurer l’orgue, etc. L’ensemble des réparations et de la restauration, y compris celle de l’orgue, s’élève à plus de dix millions de dollars.

Le gouvernement provincial ne peut financer la totalité des travaux, même si l’église est classée monument historique. La Fabrique doit s’aider elle-même pour pouvoir être aidée.

Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine peut accorder, en effet, des subventions couvrant jusqu’à 70 % du coût des travaux. La Fabrique doit payer les 30 % restants, soit un peu plus de trois millions.

Où trouver cet argent? Une corporation formée presque exclusivement de laïcs, la corporation Ekklésia, pense qu’il pourrait provenir des revenus de location d’une partie de l’église, qui serait réaménagée en une immense salle polyvalente pouvant accueillir jusqu’à 500 personnes à la fois.

L’église demeurera un lieu de culte et de liturgie et le sous-sol, un centre communautaire

Selon Monsieur Cyrille Gauvin-Francoeur, membre du conseil d’administration d’Ekklésia, la nouvelle salle serait aménagée principalement en enlevant les bancs de l’allée centrale, à la hauteur des autels latéraux. On installerait une aire de cuisine, des toilettes supplémentaires et un système d’éclairage et de projection audio-visuel. On garderait l’ensemble du décor car le cachet du lieu importe autant que le nombre de places.

Un grand rideau de tulle séparerait la salle du reste de la nef, qui resterait consacrée au culte et à la liturgie de la religion catholique romaine. On conserverait tels quels le maître autel, le baldaquin, la chaire, l’orgue et les bancs nécessaires pour asseoir trois cents personnes en face du maître-autel.

Le sous-sol de l’église demeurerait tel quel et continuerait de servir de centre communautaire pour des groupes comme la Société Saint-Vincent-de-Paul, affirme Monsieur Louis Dumoulin, membre du conseil d’administration d’Ekklésia.

Projet Ekklésia : aller chercher « l’événementiel et le corporatif »

La salle multifonctionnelle pourrait accueillir de 500 à 600 personnes, surtout des congressistes et des gens d’affaires provenant la plupart du temps de l’extérieur de la ville de Québec. « Le corporatif, c’est rentable. Et de toute façon, il n’y a pas d’argent dans les alentours immédiats de l’église », affirment Messieurs Gauvin-Francoeur et Dumoulin qui attendent beaucoup d’une collaboration avec le Centre municipal des congrès et les grands hôtels.

La firme Desjardins Marketing stratégique procède actuellement à une étude de marché pour vérifier la rentabilité et la viabilité du projet Ekklésia.

L’abbé Gingras s’est fait une raison. « L’église Saint-Jean-Baptiste est l’expression de la foi de nos ancêtres, explique-t-il. Il faut continuer à y prier et à y célébrer. L’église, l’édifice, témoigne aussi du savoir-faire des vieux artisans de chez nous : des charpentiers, des sculpteurs, des doreurs, des céramistes, des peintres, des maçons, et j’en oublie. Ils ont réalisé des prouesses qu’il faut respecter et émuler, si on veut croître en tant que peuple. C’est pour cela qu’il faut restaurer l’église : pour qu’elle continue sa vie religieuse et sa vie culturelle. »

On attend le rapport de Desjardins Marketing en juin 2012 et on espère que la salle Ekklésia pourra accueillir ses premiers galas en 2013.

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Extrait du numéro du printemps 2012 du journal l'Infobourg

Un projet pour sauver l’église Saint-Jean-Baptiste