Fernand Otis, nouveau visage de l'Association.

(NLL) L’Association des gens d’affaires du Faubourg, l’AGAF, est à la croisée des chemins. Les membres de l’association volontaire discutent depuis deux assemblées générales de la possibilité de créer une Société de développement commercial (SDC) dans le quartier. L’idée, qui fait son chemin depuis le retour des Fêtes, a pris une tournure très concrète avec la formation d’un comité provisoire le 27 mars dernier.

« Compte tenu du contexte, on n’a pas vraiment le choix », nous a confié le président de l’Association, Gianni Colarusso. En effet, la Ville de Québec a décidé récemment qu’elle ne négocierait plus avec les associations volontaires à l’avenir. « On avait droit à une subvention pour la promotion des artères commerciales, mais, en plus d’être coupée, il faudra devenir une SDC pour y avoir droit l’an prochain », explique le propriétaire de l’Épicerie européenne. Selon lui, l’objectif de la municipalité est transparent : elle veut que les marchands prennent leurs affaires en main et deviennent autonomes financièrement. « L’avantage de la situation, c’est que ça fait bouger les choses un peu plus et que ça force les gens à se mobiliser », dit-il.

La différence fondamentale entre l’actuelle Association des gens d’affaires et une SDC, c’est que l’adhésion et la cotisation de l’une est volontaire, tandis qu’elle est obligatoire dans le deuxième cas. M. Colarusso souligne que les choses ont évolué depuis l’époque des SIDAC (Société d’initiatives pour le développement des artères commerciales), dans les années 1990. Aujourd’hui, les SDC sont « beaucoup plus souples en ce qui a trait aux cotisations ». Ainsi, si les cotisations d’une SDC sont fixées en fonction du budget annuel de l’organisation et proportionnelles à la valeur locative de chaque établissement, le CA a le pouvoir de fixer un minimum et un maximum pour que ce soit aussi équitable que possible. C’est la Ville qui prélève la cotisation sous la forme d’une « taxe d’affaires spéciale ».

Selon le président de l’AGAF, la différence ne serait pas si grande entre l’association actuelle et une SDC. Pour transiger avec la Ville, l’AGAF devait déjà regrouper plus de la moitié des commerces de la rue Saint-Jean et ramasser de façon autonome autant d’argent qu’elle en recevait en subvention pour faire la promotion de l’artère commerciale. « Ça va être une bonne chose d’avoir une structure plus solide pour promouvoir non seulement l’artère, mais tout le secteur », croit le commerçant qui ajoute que l’adhésion obligatoire augmentera le rapport de force et la crédibilité de l’association dans ses représentations.

Plusieurs étapes restent à franchir avant la formation officielle d’une SDC. Dans une première étape, le comité provisoire doit négocier avec la Ville les paramètres (par exemple, définir la zone couverte) et ensuite « faire du terrain » pour expliquer le but et les objectifs de la démarche. Une dizaine de propriétaires de commerces, dont Erico, J.A. Moisan, Le Drague et L’Un et l’autre, sont membres du comité provisoire, ainsi qu’une représentante de la Caisse populaire.

Pour en savoir plus sur les SDC, lire la brochure La société de développement commercial : une force économique, disponible en ligne à l’onglet « À propos » du site www.reseausdc.com.


Un nouveau visage à l’AGAF

Depuis le 2 avril, M. Fernand Otis prend le relai de Mme Marie-Noëlle Laprise à titre de directeur général de l’Association des gens d’affaires du Faubourg. M. Otis assurera la transition et accompagnera le comité provisoire dans ses démarches pour créer une SDC.

Gianni Colarusso, président de l’AGAF, profite de l’occasion pour saluer Mme Laprise qui a été à la tête de l’Association pendant quatre ans. « Il faut souligner le travail qu’elle a fait en quatre ans », dit-il, ajoutant que Mme Laprise était fonceuse et n’hésitait jamais à monter au front peut importe le dossier. De plus, fait non négligeable, le membership de l’association a sensiblement augmenté pendant son mandat.

Les gens d’affaires se mobilisent