Le Fonds de solidarité des groupes populaires de Québec lance sa 32e campagne annuelle de levée de fonds. Objectif 2006 : 53 000 $

Par Nicolas Lefebvre Legault

Si vous pouvez lire ce journal aujourd’hui, c’est entre autre grâce au Fonds de solidarité des groupes populaires de Québec. Les groupes communautaires du centre-ville, comme le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, sont en effet coalisés pour lever des fonds et financer la défense de droits.

Financer l’action collective

Une étude récente du Secrétariat à l’action communautaire (SACA) révèle que les groupes de défense de droits reçoivent en moyenne 20 % de moins de l’État que les autres groupes communautaires. Dans la région de Québec, Centraide compense en partie pour certains groupes en finançant mieux la défense de droits que les autres secteurs de l’action communautaire. Reste tout de même un manque à gagner…

Le Fonds de solidarité a été mis sur pied par les groupes populaires en 1974 pour les doter d’un outil de financement autonome. Chaque année, le Fonds de solidarité lance une campagne publique de levée de fonds qui s’adresse aux communautés religieuses, aux individus et aux syndicats. L’an passé, les groupes ont reçu chacun 4 000 $ du Fonds. Ce n’est pas la fin du monde mais ça peut faire la différence entre participer à une manif, organiser une action, imprimer un journal... ou pas. L’argent redistribué a servi dans des luttes sur les fronts du logement, de la pauvreté, de l’aménagement urbain, de l’information alternative, de la culture populaire, de l’environnement et des droits des détenu-es.

Une année charnière

Le problème, c’est que les principales donatrices du Fonds, les communautés religieuses, ont annoncé un retrait progressif. Cette année, le Fonds ne pourra pas faire de demande à l’organisme qui centralise toutes les demandes auprès des centaines de communautés religieuses de la province. À la place, chaque membre du Fonds est invité à faire une demande individuelle. S’il y aura des gagnants, comme le Comité populaire et le BAIL, d’autres risquent d’y perdre gros. Il y a urgence de compenser la baisse anticipée des dons venant du secteur religieux.

Le défi pour les prochaines années sera de renouveler la base citoyenne contribuant au Fonds de solidarité et de traduire en espèces sonnantes et trébuchantes la solidarité affichée des syndicats envers les groupes populaires. Actuellement, une centaine de «vieux de la vieille» font un don au Fonds. Du côté des syndicats, il y a une douzaine de sections locales qui contribuent régulièrement. Encore là, sauf exception, il s’agit d’alliés acquis de longue date (dans les cégeps et à l’université notamment).

Pour appuyer le Fonds, vous pouvez bien sûr participer au souper spaghetti annuel mais vous pouvez aussi remplir le coupon et envoyer un chèque à l’adresse indiquée. Le Fonds étant une fondation reconnue, vous recevrez un reçu de charité pour fins d’impôt.

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Extrait du numéro d'avril 2006 du journal l'Infobourg.

Le coût de la solidarité